Thursday, 30 April 2020

À la recherche du souffle et de l'équilibre

Depuis que la pandémie nous a rejoint,
respirer facilement semble appartenir au passé.


Traduit par André Valiquette
Lire la version originale en anglais ici
Cette traduction a été publiée le 30 avril, deux semaines après la version originale. La situation (confinement, incertitude etc.) n’a pas beaucoup changé depuis, mais ma respiration va beaucoup mieux. Je suppose que je me suis ajustée au « nouveau normal » et qu'avoir recommencé à écrire a vraiment aidé!

Jusqu’à présent, les publications de mon blogue qui s'appelle « La vie est un tango » ont proposé des réflexions sur le tango qui touchent aussi la vie.

Cet article est une réflexion sur la vie qui peut aussi s’appliquer au tango.

Une des choses les plus difficiles pour moi durant cette épisode de distanciation sociale a été de retrouver un nouvel équilibre dans mon quotidien et dans ma vie. Mes difficultés sont légères, comparées à ceux qui ont perdu un être cher ou que la quarantaine a isolé complètement, mais elles ont tout de même eu un impact sur moi.

Tout d’abord, depuis le début de ces événements, dès le jour - il y a un peu plus d’un mois - où nous avons décidé de fermer les portes de notre école de tango, je n’ai pas été capable de respirer vraiment à l’aise. J’ai tendance à être anxieuse et je suis habituée, de temps à autre, d’avoir des journées où j’ai le souffle court ou comprimé au niveau de la poitrine - comme si je n’arrivais pas à remplir mes poumons - mais je ne m’en fais pas car c’est clairement relié à des changements hormonaux mensuels et je sais par expérience que je vais retrouver une respiration normale après un jour ou deux. Une fois l’an dernier, cela a persisté pendant cinq jours et, comme c’est le cas présentement, la relaxation et les exercices de respiration et d’expiration yoga n’ont rien pu y faire, mais finalement je me suis replacée après cinq jours.

Une fois, il y a six ou sept ans, j’ai eu carrément une attaque d’anxiété, quelque chose d’un peu effrayant. Je pense que j'avais eu une grosse dispute avec mon fils et mon conjoint et j'étais juste hors de moi avec colère. J’ai décidé de relâcher la tension en allant courir, ce que je faisais régulièrement, mais après avoir parcouru trois coins de rue, j’ai senti soudainement mes poumons se refermer complètement. Je n’arrivais pas à respirer au-delà d’un mince filet d’air, j’étais paniquée. Je me suis immobilisée, j’ai posé mes mains sur ma poitrine et je me suis penchée vers l’avant, et quelqu’un qui venait juste de sortir de chez lui m’a demandé si ça allait. Je suis arrivé à lui dire en haletant que je ne pouvais respirer et il m’a invitée à m’assoir sur le muret de son allée et m’a demandé s’il devait appeler une ambulance. Une fois assise, ça n‘a pas pris beaucoup de temps pour que je sente la tension se relâcher dans ma poitrine et j’ai progressivement senti que je pouvais respirer à nouveau, un peu plus à chaque contraction, alors je lui ai répondu de ne pas appeler à l’aide, que je n’habitais pas loin et que je pouvais retourner à la maison. Tout cela a probablement duré cinq minutes, mais ça m’a paru une éternité et j’espère que ça ne se reproduira jamais.

Je reviens à la période actuelle : je lutte avec cette tension constante dans la poitrine, à des degrés divers mais à peu près tous les jours depuis le 13 mars et je passe une bonne part de mon énergie mentale et émotionnelle à essayer d’en éclaircir les causes et les solutions.

J’ai arrêté de boire des breuvages caféinés (laissez-moi vous dire que la tisane à la menthe le matin n’arrive pas à la cheville d’un bon expresso!), j’ai essayé tour à tour de faire moins ou davantage d’exercice (j’ai recommencé à courir - de courtes distances - il y a deux semaines et ça semble aider ou en tout cas ça ne nuit pas) et je consacre moins de temps aux réseaux sociaux. Je fais aussi attention de me réserver à chaque jour assez de temps pour me délasser.

Je sais que pour une partie des gens, le défi avec l’isolement est de trouver des choses à faire. Mais dans mon cas, je suis loin d’être seule : je ne suis pas en quarantaine, je sors pour courir ou marcher chaque jour, je vis avec les trois autres membres de ma famille et quelques animaux de compagnie, alors il y a plein de vie et d’interactions dans mes journées. On fait l’épicerie pour mes parents et mon oncle, ce qui prend déjà une journée par semaine et on prend le temps de les voir - brièvement et à une distance de deux mètres, bien sûr - et je parle à des amis au téléphone, par courriel et en visioconférence. Wolf, mon partenaire, et moi-même donnons des cours en ligne, ce qui nous permet d’être en contact avec une partie de la communauté qui nous manque, même si ce n’est pas en présentiel.

Je ne manque pas de projets. Comme je le disais, nous faisons un peu d’enseignement, et ça inclut un bon temps de préparation, et nous organisons et enseignons avec de nouveaux moyens (je préfère sans aucun doute l’enseignement en présentiel plutôt que sur un écran!). Je suis aussi DJ en ligne une fois par semaine, ce qui implique d’installer, d’ajuster et de préparer chaque fois un nouveau contenu de programme musical. Et à la maison, il y a beaucoup de nettoyage à faire et de bouches à nourrir, sans oublier les chambres qu’on aimerait repeindre et autres projets amusants comme les rapports d’impôt.

J’avais prévu utiliser ce nouveau « temps libre » pour commencer à écrire sérieusement, mais ce texte un peu décousu est ma première vraie tentative. Mon cerveau s'est senti plein et embrouillé ces dernières semaines, si bien que ça été difficile de trouver le temps de rassembler mes idées et d’en faire quelque chose. Alors, souvent, je regarde Netflix quand je n’ai pas l’énergie de faire autre chose. Tout ça pour dire que l’ennui et le confinement ne sont probablement pas à la source de mes problèmes respiratoires.

Ce matin, en promenant le chien, je me suis dit que c’est peut-être mon incapacité à trouver un équilibre qui fait problème. À titre de propriétaire d’une petite entreprise, la répartition de mon temps va toujours davantage du côté du travail, mais ce débalancement est compensé par le fait que je suis passionnée par ce que je fais et que je tire beaucoup de plaisir de bien des aspects de mon travail.

En fait, je suis tellement habituée d’être dix fois plus occupée que je ne le suis actuellement, de savoir que je vais finir mes journées avec une liste encore plus longue de choses à faire et d’avoir un sens ultra-aiguisé des priorités quotidiennes, que je pense ne pas savoir combiner un ralentissement de mon rythme avec les priorités habituelles. Je me donne le droit de relâcher la tension les dimanches : pas de projets, pas de médias. Mais le lundi, la tension dans ma poitrine est aussi forte qu’elle était.

Bien sûr, la persistance de cette respiration laborieuse m’amène elle-même à être anxieuse. Au début, je ne pouvais pas m’empêcher de penser : « Peut-être que j’ai le COVID-19! ». C’est idiot, bien sûr, et je le sais - je n’ai pas de symptômes apparentés, j’ai déjà éprouvé ces problèmes auparavant et ça a duré trop longtemps - mais est-ce qu’on peut raisonner tranquillement quand on est réveillée dans le lit à 3 h du matin? Et surtout, c’est simplement difficile de relaxer et de profiter de mon temps libre retrouvé quand je fais continuellement un effort pour respirer normalement ou pour ignorer le fait que je ne peux pas.

Je sais que l’incertitude du futur me pèse lourdement (je suppose que c’est une des définitions de l’anxiété). Je me demande quand et comment une activité comme le tango pourra reprendre. Notre genre de commerce sera certainement parmi les derniers à réouvrir et, à partir de ce moment-là, est-ce que tout recommencera comme avant? Les danseurs s'embrasseront-ils comme avant ou auront-ils peur des abrazos qui leur manquent tant? Est-ce que la société sortira de cette pandémie plus réticente à se rapprocher des étrangers? Est-ce qu’un ralentissement économique fera que les gens auront moins d’argent pour des leçons de tango et des milongas?

Et même si je comprends que la situation est inédite et compliquée pour nos dirigeants comme pour nous (et de façon générale ils font un bon travail), je me suis sentie frustrée devant des informations vagues ou contradictoires qu’ils nous transmettent. La semaine dernière, nos leaders aux niveaux provincial et fédéral ont prononcé des discours sur l’après-confinement qui, à mon avis, étaient remplis de contradictions : l’un d’entre eux nous dit que la vie normale ne va pas reprendre avant Noël (c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin), mais qu’un certain nombre d’activités vont revenir à la normale! OK, merci, c’est très clair. L’autre nous dit qu’ici au Québec, on va bientôt atteindre le pic de la pandémie. C’est reçu comme une bonne nouvelle, et bientôt on pourra réouvrir les commerces - en autant qu’on respecte la distanciation de deux mètres. Alors, quels commerces? Certainement pas le tango. Ou les gyms. Ou les salons de coiffure. Ou les bars. Et comment pourrions-nous penser à rouvrir un commerce bientôt quand le nombre de cas confirmés dans cette province est 700 fois plus élevé que lorsque nous avons fermé nos portes? Et que dire des écoles? Ma fille adolescente est à la maison plutôt qu’à l’école, supposément jusqu’au 1er mai. Je ne peux pas imaginer que nos écoles vont rouvrir dans deux semaines, surtout qu’on n’a pas eu le moindre compte-rendu à ce sujet ni de nos gouvernements ni des établissements scolaires depuis qu’ils sont fermés. Est-ce que les classes reprendront cette année ou non? Si les enfants ne peuvent aller à l’école, les tangueros ne peuvent pas aller à l'école de tango.

Alors oui, le futur apparaît très incertain et oui, ça m’embête. Mais sur le plan intellectuel, je ne suis pas tant préoccupée que ça. J’ai confiance que nous - ma famille, mon entreprise et mon pays - allons passer à travers, même si nous ne savons pas exactement quand et comment à ce moment-ci. Alors je ne sais pas si vivre dans l’incertitude est la chose qui m’empêche de bien respirer.

Qu’est-ce que tout cela nous apprend - ou m’apprend - sur le tango? Bon, d’abord, ça me rappelle les vertus thérapeutiques du tango. J’ai parlé de quelques-unes d’entre elles auparavant, particulièrement dans mon texte à propos du tango et de la méditation, et j’ai donné une fois une conférence sur le tango et la réduction du stress. Pour faire court, une des choses qui m’a amenée au tango est le fait que c’est l’une des rares activités où je peux vraiment lâcher prise. Quand la musique et la connexion sont à leur meilleur, je trouve ça facile de m’abandonner et d’oublier mes préoccupations. C’est merveilleux - et merveilleusement thérapeutique.

Ces derniers jours, peu importe à quel degré j’arrive à relaxer, je suis toujours consciente du fait que je ne peux respirer à l’aise. Le yoga peut aider, et j’en fais à tous les jours, mais le problème c'est qu'en yoga on met continuellement l’attention sur notre respiration, alors, même si je travaille sur mon souffle de différentes façons, je ne peux faire abstraction du problème. Quelques distractions peuvent être mises à contribution : un épisode prenant de « La Casa de Papel », une séance d'enseignement de tango satisfaisante ou une bonne nuit de sommeil apportent tous un soulagement temporaire, mais rien autant qu’une belle tanda ne me retire complètement des réalités quotidiennes et des facteurs de stress.

Pour revenir sur l’idée de l’équilibre - et ma difficulté actuelle avec ça - je pourrais dire que si l’équilibre est un ingrédient essentiel du tango, le tango est clairement un ingrédient essentiel pour l'équilibre dans ma vie.

P.-S. - Maintenant que j’ai publié ce texte, je me souviens des bienfaits thérapeutiques de l’écriture : j’ai travaillé sur cette publication pendant trois jours et depuis le deuxième je respire mieux. Est-ce qu’il y aurait un lien?

Articles reliés :
Apprendre à abandonner le plan
Meditango (en anglais; traduction à venir)

Friday, 24 April 2020

Vingt leçons de tango : Onzième partie : Apprendre à abandonner le plan

La beauté du tango réside dans son imprévisibilité.

Traduit par François Camus
Lire le texte originale en anglais ici

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, apprises par cet art d’improvisation qui n’est jamais le même d’une danse à l’autre.

Leçon no 11 : Acceptez que les choses n’aillent pas toujours tel que planifié.
Quand vous vous sentez déçus et frustrés dans la vie, c’est souvent parce qu’il est arrivé quelque chose non seulement de déplaisant mais aussi d’inattendu. Par exemple, vous aviez à coeur d’aller à votre restaurant italien préféré mais à votre arrivée il était fermé. Alors vous trouvez un plan B, et l’une de deux choses se produit :
  1. Vous ne vous installez jamais tout à fait, parce que c’est plus bruyant que l’autre resto, ou le menu n’est pas ce que vous aviez anticipé toute la journée. Non seulement vous avez de la difficulté à apprécier votre repas, l’ambiance ou même la compagnie, mais vous ressentez un agaçant ressentiment envers l’autre restaurant parce que c’est stupide qu’il soit fermé ce soir-là, et ils devraient mieux annoncer leurs heures d’ouverture pour éviter de faire vivre une telle situation aux gens. Vos plans sont contrecarrés et votre soirée est plus ou moins ruinée.
  2. Vous absorbez l’énergie de ce resto occupé et décidez d‘essayer un met que vous n’avez jamais goûté auparavant. Cela s’avère intéressant, sinon être la meilleure chose que vous ayez jamais goûtée. Entretemps, les entrées et le vin sont délicieux, vous et vos amis avez du plaisir à écouter les conversations bizarres à la table voisine. Vous planifiez toujours une visite à votre petit resto intime dans un avenir rapproché, mais vous avez ajouté un nouveau resto à votre liste. De plus, vous prenez note mentalement d’appeler à l’avance la prochaine fois, ce qui vous évitera de vous buter à une porte fermée ainsi que le temps d’attente quand vous arrivez sans réservation.
C’est un exemple de deux façons complètement différentes de vivre le même événement selon votre façon de percevoir et de réagir. Permettez au ressentiment de peser lourdement sur des changements inattendus et il sera très difficile d’avoir du bon temps peu importe ce qu’il adviendra, mais lâchez prise du plan initial et qui sait ce qui pourrait advenir?

Danser dans une milonga est une question de mettre de côté le plan initial et de s’adapter à de nouvelles situations inattendues, constamment en évolution.

Les guideurs apprennent cela très tôt, ou du moins devraient l’apprendre. Essentiellement, un guideur habile a toujours un plan, mais il est expert à s’adapter aux situations inattendues et à changer le plan à tout moment. Oui, la piste de danse est parfois bondée; parfois elle est absolument chaotique. C’est la réalité du tango. Si vous ne pouvez accepter qu’une large part de pratiquer une danse totalement improvisée est d’apprendre à réagir et à vous adapter à ce qui se passe autour de vous, il sera difficile d’avoir du plaisir lorsqu’il y a d’autres couples sur la piste de danse.

Avec votre partenaire, des erreurs surviendront, et le plus vite vous pouvez accepter cela, le plus vite vous apprécierez le tango. Trouver des façons créatives de se sortir d’une situation embêtante peut même être un défi amusant. Je suis certaine que la moitié des nouveaux mouvements qui ont été inventés se sont d’abord produits accidentellement, et une grande part de mes adornos se produisent lorsque je tente de masquer des faux pas.

Si vous me connaissez ou avez déjà lu mon blogue, vous savez que je n’aime vraiment, mais vraiment pas lorsque les danseurs corrigent ou enseignent à leurs partenaires. Les guideurs qui corrigent leurs guidées, qui font des commentaires au sujet de ce qu’elles étaient « supposées » faire sont trop attachés à leur plan initial et sont incapables de simplement s’adapter et poursuivre. C’est tellement plus agréable de danser avec quelqu’un qui rit des erreurs inévitables et des effets bizarres qui en résultent. La même chose s’applique aux guideurs qui sont constamment agacés par tous les danseurs autour d’eux. La réalité est que le tango est imprévisible, alors pourquoi s’encombrer de la frustration? En fait, la beauté du tango réside dans son imprévisibilité. C’est ce qui le garde frais et nouveau, malgré le fait que l’on tourne et tourne autour de la même piste de danse, sur la même musique encore et encore.

J’ai dansé une fois avec un danseur qui a littéralement critiqué tous les danseurs autour de nous sur la piste de danse pendant toute la tanda. Celui-ci n’avançait pas assez, celui-là était trop près derrière nous, les gens en général n’avançaient pas assez vite. Il était tellement désagréable de danser avec lui par ses critiques incessantes que, des années plus tard, je m’en souviens encore. Imaginez passer sa vie comme ça, constamment agacé et frustré par tout ce qui se passe autour de vous? Je pense qu’il serait difficile d’éprouver du plaisir de quoi que ce soit.

Souvent, les guidées s’accrochent trop à leurs doutes et à leurs insécurités à savoir quelle était l’intention de leur guideur : « Est-ce que c’était bien? », « Est-ce ce qu’il voulait faire? » La réponse est : « Ça n’a pas d’importance. » Ce qui est fait, est fait, et c’est aux deux partenaires de simplement poursuivre à partir de là.

Ça, c’est sur la piste de danse, mais en dehors de la piste, l’inattendu peut aussi se produire. Tout comme dans l’exemple du restaurant donné ci haut, vous pouvez ne pas avoir la soirée que vous aviez anticipée, mais si vous êtes ouverts à ce qui se présente, vous pouvez toujours avoir du bon temps. Vous n’avez pas dansé autant de tandas que vous aviez espéré? Peut-être que cette soirée était plus une question de savourer l’ambiance que de remplir votre carnet de danse. Vous n’avez pas reçu de cabeceo de la personne avec laquelle vous souhaitiez le plus danser? Peut-être que vous avez fait la soirée d’une autre personne lorsqu’elle a intercepté le vôtre.

Le tango (et aussi le yoga, mais ça c’est le sujet d’un autre article) m’a vraiment aidé à prendre conscience que plusieurs des moments frustrants de la vie se résument à la capacité de laisser aller le plan. Cette habileté est directement liée à la capacité de vivre pleinement dans l’ici et maintenant, sujet que j’ai couvert en détail dans mon article intitulé Profitez de chaque moment.

Si vous vivez déjà dans l’instant et suivez l’air d’aller, cet aspect du tango peut vous venir assez facilement, comme ça m’est venu lorsque j’ai commencé. Mais si lâcher prise et rouler sous les coups vous est difficile, peut-être que ce seront des leçons de vie que le tango vous apprendra.

Article précédent : Leçon no 10: Soyez clairs sur ce que vous voulez.
Prochain article : Leçon no 12: Traitez bien vos pieds.

Thursday, 16 April 2020

Professeur ou danseur

Il est important de distinguer entre ces deux « chapeaux » ou rôles.

Lire la version originale en anglais ici.

Récemment, j'ai eu un échange intéressant avec un étudiant dans un cours que j'enseignais. C'est quelqu'un avec qui je danse socialement assez souvent; comme il n'est pas un de mes étudiants réguliers, j'avais rarement dansé auparavant avec lui dans une relation pédagogique.

Il m'avait posé une question sur la raison pour laquelle le mouvement qu'il apprenait ne fonctionnait pas à sa satisfaction, alors nous l’avons essayé ensemble. À un moment donné, j'ai ressenti que son guide avait besoin d'être amélioré, alors j'ai résisté un peu, l'ai arrêté et lui ai demandé de réessayer, en suggérant une correction ou deux. Il m'a regardé un peu décontenancé et a dit: « Mais tu es normalement beaucoup plus facile à guider que ça! Ce n'est pas ce que je ressens habituellement quand je danse avec toi. »

« C'est parce que je ne porte généralement pas mon chapeau de professeur quand je danse avec toi », lui ai-je répondu.

Comme il m'arrive souvent, l'échange est resté avec moi et m'a fait réfléchir.

Ce que je lui ai dit était très vrai : lorsque je porte mon chapeau de professeur, je me concentre sur l'amélioration de la qualité de la danse de mon vis-à-vis. Quand je porte mon chapeau de danseuse, je me concentre sur la qualité de ma propre danse. Je pense qu'il est vraiment important de respecter cette ligne de démarcation.

Par exemple, lorsque j'enseigne une leçon privée, je fais de mon mieux pour ne pas compenser les défauts de mon leader ou de ma guidée, mais pour les remarquer et trouver des moyens de les corriger. Mais quand je danse dans une milonga, je fais exactement le contraire. En fait, je prête peu d'attention aux lacunes de mon partenaire, en ignorant délibérément les plus flagrantes et en ne remarquant même pas les plus petites, car je me concentre plutôt sur le fait d'être la meilleure guidée (ou leader, selon le cas) possible, en profitant des qualités de mon partenaire, de la musique et du moment présent.

Pourquoi est-ce que je pense qu'il est important de faire la distinction entre les deux « chapeaux »? Parce que les principaux objectifs de la danse sociale sont le plaisir et la connexion. Si je commençais à me concentrer sur les défauts de mes partenaires, je diminuerais nécessairement mon propre plaisir ainsi que celui de mon partenaire. Et je romprais également le lien entre nous chaque fois que je commencerais à parler. Le partenaire dans mes bras dans une milonga n'est pas là pour recevoir des instructions, que ce soit mon élève ou qu'il sache si je suis enseignante ou non.

Dans une classe, il peut y avoir des moments où je me laisse aller quelques minutes et je danse et j'apprécie – généralement un bon signe pour l'élève avec qui je danse – mais « se détendre et s'amuser » ne sont pas mes principaux objectifs dans cette situation. Mon but, et la raison pour laquelle l'autre personne me paie, est d'identifier ses erreurs et de l’aider à trouver des moyens de les corriger. C'est mon boulot. Il faut beaucoup de concentration, d'attention et d'énergie, à la fois mentale et physique, pour enseigner, en particulier des leçons privées. Bien que ce soit un travail incroyablement gratifiant, pourquoi voudrais-je faire ce travail pendant mes loisirs, pendant les moments où j'ai le droit de me laisser aller et de m'amuser?

C'est pourquoi ça peut sembler différent de danser avec moi dans le cadre d’une milonga plutôt que lorsque j'enseigne et c'est aussi pourquoi seuls les professeurs devraient enseigner – mais jamais dans une milonga.

Révision de texte: André Valiquette.
Article relié:
Pas de leçons sur la piste de danse SVP 

Friday, 27 March 2020

Vingt leçons de tango : Dixième partie : Affirmez vous

Commencez par vous asseoir, vous tenir debout et marcher
comme le danseur confiant que vous souhaitez devenir.

Traduit par François Camus
Lire le texte originale en anglais ici

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, apprises sur, autour ou à travers le tango au cours de deux décennies à le danser, l’enseigner, donner des spectacles, gérer une école et organiser des événements.

Leçon no 10 : Soyez clair sur ce que vous voulez.

J’étais une enfant gênée et une adolescente manquant de confiance. Ça m’a pris des décennies pour apprendre comment m’affirmer, à dire non, à me défendre et à demander ce que je veux. Le tango, le danser et l’enseigner, est l’une des choses qui m’a à la fois aidé sur le chemin de l’affirmation et à apprendre l’importance de cette qualité – dans la danse et dans la vie.

Sur la piste de danse

Les avantages d’être clair à propos de ce qu’on veut semblent évidents quand il est question de guider, mais les guidées doivent aussi être claires.

Commençons par les guideurs. Si vous ne savez pas ce que vous voulez, votre guidée ne le saura certainement pas. L’hésitation génère de l’hésitation. Si vous attendez continuellement de voir si votre partenaire va vous suivre, elle sera dans un constant état de doute, et ainsi sera la danse. Personne n’a dit que guider était facile : vous devez simultanément attendre votre partenaire et lui laisser savoir où vous voulez qu’elle aille par la suite. Ceci signifie que vous savez toujours où vous voulez aller par la suite. Bien sûr les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu en tango (c’est le sujet de mon prochain article), mais vous devez quand même avoir un plan et l’exprimer clairement (par les gestes, pas les mots bien sûr) sinon la danse sera bordélique plutôt que spontanée.

De plus, si vous ne savez pas où vous voulez que chaque pas touche le sol ou que chaque pivot se termine, que ce soit le vôtre ou celui de votre partenaire, vous aurez peu de contrôle sur votre ligne de danse et l’espace que vous occupez sur la piste. Ceci placera votre partenaire à risque et dérangera les autres danseurs autour de vous.

En ce qui concerne les guidées, si j’ai un conseil à donner c’est celui-ci : ne soyez pas passives. Étreignez votre partenaire comme vous aimeriez l’être, dansez la musique comme vous la ressentez, prenez le temps dont vous avez besoin pour compléter chaque mouvement avant d’aller au suivant. Possédez votre danse et non seulement elle vous satisfera davantage, mais il sera plus satisfaisant de danser avec vous.

Certains penserons que je suis en train de dire aux guidées, « Faites comme bon vous semble, » mais ce n’est pas ça du tout. Tout ce que les guidées font doit demeurer dans le cadre créé par votre partenaire et la musique, et dans ce cadre, il y a énormément d’espace pour vous exprimer et danser. Mais vous devez faire ça : danser.

N’hésitez pas, ne vous demandez pas quoi faire, ne questionnez pas, ne vous inquiétez pas. Acceptez chaque mouvement, chaque réaction et complétez-le de façon décidée. S’il y a eu une mauvaise communication, il est trop tard de toute façon pour la corriger, alors finissez le pas et continuez de là. Croyez que vous savez ce que vous avez à faire et vous suivrez davantage, pas moins, parce vous éliminerez toutes les préoccupations et les hésitations, vous permettant de recevoir les messages du guideur avec moins d’interférence. Non seulement ça, mais si vous dansez de façon plus confiante, votre guideur recevra vos messages plus clairement, écoutera davantage et la tanda deviendra une fascinante conversation plutôt qu’un monologue à sens-unique.

En dehors de la piste de danse

La façon dont vous vous tenez en dit beaucoup. Si vous entrez dans la pièce avec élégance et détermination, vous allez être remarqués, et si vous vous tenez droits lorsque vous êtes assis ou debout, vous aurez l’air de savoir danser avant même d’avoir commencé à le faire. J’ai entendu plus d’un maestro dire qu’il faut être un danseur de tango dès le moment qu’on franchi la portée d’entrée. La posture influence non seulement notre apparence, mais aussi comment on se sent. Le simple fait de soulever et d’ouvrir la poitrine peut alléger des sensations de déprime, par exemple, alors si vous vous tenez bien droit, vous pouvez vous sentir plus confiants. Essentiellement, tenez-vous comme un danseur, vous en aurez l’air et vous vous sentirez comme tel. Et vous en recevrez probablement plus de miradas et de cabeceos.

Je suis devenue une convertie et un promoteur du système d’invitation mirada-cabeceo. « Mirada » signifie « regarder », « cabeceo » signifie « signe de tête ». Ensemble ils constituent le mode d’invitation non-verbal traditionnel. C’est la méthode la plus largement acceptée d’inviter et de se faire inviter à danser le tango. Essentiellement, les guideurs et les guidées regardent directement la personne avec laquelle ils souhaitent danser en espérant que leurs regards se croisent. Ensuite, le guideur fait un signe de tête en guise d’invitation et la guidée fait un signe de tête ou un sourire pour accepter.

Vous trouvez l’idée intimidante? Vous n’êtes pas le seul. Parce que je suis encore fondamentalement une personne timide qui manque de confiance en moi, j’ai moi aussi trouvé difficile de maîtriser cette façon de faire. D’accord, d’accord, j’ai encore parfois de la difficulté.

Une fois sur la piste de danse, je sais comment danser comme si je sais ce que je fais, mais hors de la piste, c’est difficile pour moi de m’affirmer en regardant une personne directement dans les yeux, surtout un étranger. Tout ceci pour dire que je comprends qu’au début ce n’est pas un système nécessairement facile. Le tango non plus. Et si vous pouvez apprendre cette danse complexe, vous pouvez apprendre ce simple échange.

Ça en vaut la peine parce que ça marche. Cela signifie que vous n’êtes pas assises en attendant passivement d’être choisie par quiconque décide de marcher jusqu’à vous pour vous inviter. D’autre part, vous ne rendez pas quelqu’un inconfortable parce que vous tournez autour. Vous ne risquez pas non plus de subir un rejet parce que vous avez fait une demande directe, risquant soit un rejet direct, ou d’obtenir un « oui » réticent de quelqu’un qui ne veut pas vraiment danser avec vous mais qui ne veut pas vous blesser.

Le système mirada-cabeceo fonctionne parce qu’il est affirmatif des deux côtés. Je dois regarder directement la personne avec laquelle je souhaite danser et il ou elle doit me regarder en retour. Ensuite, le signe de tête avec peut-être un sourire ou un haussement de sourcil, et on y va. Nous choisissons tous deux nos danseurs. Cet accord mutuel non-verbal peut être magique une fois qu'on a compris, comme si on avait conclus un accord secret dont personne n’a connaissance jusqu’à ce qu’on soit soudainement sur la piste de danse dans les bras l’un de l’autre, prêts pour une merveilleuse tanda.

En dehors de la milonga

Si vous voulez devenir vraiment bon en tango, vous devez prendre la décision de le devenir. J’ai abordé ce sujet dans mon article précédent, « Franchir le seuil du niveau avancé », quand j’ai nommé la détermination comme l’une des clés du succès. Essentiellement, vous devez le vouloir et foncer, poser des actions concrètes pour atteindre votre but.

J’ai visionné une intéressante vidéo « TED talk » portant sur ce qui mène au succès des gens qui ont du succès. Il a été découvert que le facteur commun toujours présent est la persévérance ou la détermination que j’ai mentionnée. Je regardais cette vidéo en ayant à l’esprit l’éducation et le futur de mes enfants, mais lorsque je regarde les meilleurs danseurs autour de moi, au-delà de leur talent et des années de travail investit, je vois ce quelque chose de plus profond, cette ambition et cette détermination qui amplifient le talent, alimentent le travail ardu et leur donne cette profonde conviction que parce qu’ils veulent y arriver, ils vont y arriver. Et ils le font. Vous le pouvez aussi.

Le tango m’a beaucoup appris à ce sujet et je crois qu’à cause de cela je suis meilleure danseuse, professeur et femme d’affaire. Comme j’ai déjà mentionné, il y a encore en moi une personne qui manque de confiance, mais à ses côtés il y a maintenant une personne beaucoup plus confiante qui sait ce qu’elle veut, qui part souvent à sa poursuite et vit une vie beaucoup plus satisfaisante en conséquence.

Article précédent : Leçon no 9: Franchir le seuil du niveau avancé.

Prochain article : Leçon no 11: Acceptez que les choses n'aillent pas toujours tel que planifié.

Wednesday, 18 March 2020

Un message de remerciement à la communauté

Merci pour votre abrazo de soutien collectif.

Read in English

En ces temps difficiles, la communauté du tango s'est révélée être exactement cela: une véritable communauté.

Ici à Montréal, les activités de tango, ainsi que toutes les autres activités sociales, ont été fermées au cours des derniers jours conformément aux ordres et recommandations de distanciation sociale de notre gouvernement pour aider à ralentir la propagation du coronavirus COVID-19 qui bouleverse et prend le contrôle de nos vies. Nous ne sommes bien sûr pas seuls. D'innombrables villes du monde nous ont précédées et d'autres suivront.

Cela a eu comme résultat de mettre tous les professeurs de tango au chômage et nous sommes assez nerveux quant à notre survie financière, sans parler de nos craintes face au virus lui-même. La plupart d'entre nous ne font pas beaucoup d'argent pour commencer, donc nous ne sommes pas assis sur des mois ou même des semaines d'économies. Pour les propriétaires d'écoles de tango (comme mon partenaire et moi) qui ont un espace permanent, la situation est encore plus effrayante, car, en plus de nos dépenses personnelles de vie et de logement, nous devons continuer à payer notre loyer et nos dépenses commercials chaque mois.

Il y a des gens qui pensent que notre travail n'est qu'un passe-temps amusant pour nous. En effet, nous avons la chance de nous consacrer à plein temps à notre grande passion et notre travail est souvent très amusant. Je peux danser et socialiser tous les jours et j'adore enseigner, faire DJ et organiser des milongas. Mais je travaille tous les week-ends et la plupart des soirs, le travail physique constant signifie que je lutte toujours contre une blessure ou une autre et puis il y a toutes les parties du travail qui sont moins séduisantes et amusantes: les finances, la saisie de données, la constante marketing et publicité, vérification continue et réponse aux e-mails et messages téléphoniques, planification d'horaires, gestion de l'équilibre (et la compatibilité!) des partenaires dans les classes, maintien de l'espace propre, stocké et en bon état et la liste continue. C'est un travail après tout et même le meilleur travail au monde est plus que du plaisir et des jeux. Il y a des moments où mon partenaire et moi pensons que les gens ne savent pas à quel point nous travaillons dur, combien d'heures non rémunérées nous consacrons et à quel point il est financièrement difficile de gérer une école. Mais, en fait, beaucoup de gens ont une idée. Certains étudiants nous remercient et expriment régulièrement leur appréciation ou leur reconnaissance et certains le disent simplement en faisant un effort conscient et continu pour soutenir et assister à nos cours et activités.

Et maintenant, quand nous avons le plus besoin de leur soutien, quand nous n'avons aucune idée du nombre de semaines ou de mois que nous aurons à endurer, nous sommes époustouflés par combien la communauté montre qu'elle s'inquiète pour nous, nous apprécie et veut nous soutenir. Le « nous » auquel je fais référence s'étend maintenant au-delà de moi, mon partenaire et mon école, à tous les professeurs et écoles de tango, parce que nous sommes unis dans notre lutte et nous nous sommes en fait tendus la main pour obtenir un soutien moral et des conseils.

Les danseurs ont envoyé tellement de messages de soutien, ont pris des leçons prépayées à suivre « après l'apocalypse », ont fait des dons et se sont rassemblés pour encourager les autres à faire des dons aux écoles afin que nous puissions survivre à cette période de chômage et de fermeture d'entreprises. Qu'il soit petit ou grand, chaque don a propulsé MonTango, notre école, vers une période de survie plus longue, mais plus que cela, chacun nous a laissé sentir aimé, soutenu et incroyablement reconnaissant.

Il y a six jours (cela semble déjà beaucoup plus long), alors qu'il n'y avait encore que quelques cas de COVID-19 dans notre ville et que le gouvernement n'avait pas encore adopté de mesures d'urgence, nous avons lancé un message disant que nous n'étions pas prêts à suspendre nos activités mais suivrions de près les directives du gouvernement et apporterait les modifications nécessaires. Le lendemain, alors que le nombre de cas augmentait et que de grands événements étaient annulés un par un, nous envoyions un nouveau message annonçant que nous fermions nos portes après tout, avec effet immédiat. Dans l'intervalle, de nombreux danseurs et étudiants ont envoyé des messages de soutien, d'encouragement et de compréhension, indiquant clairement qu'ils pouvaient voir notre dilemme et respectaient notre décision de rester ouvert, mais il y avait aussi quelques-uns qui n'étaient pas si gentils, qui nous ont publiquement condamnés et d'autres comme nous pour être si égoïstes au point de s'inquiéter de banalités comme la faillite ou de nourrir nos familles. Lorsque nous avons lu ces messages, nous nous sommes sentis blessés et insultés et avons cessé de ressentir l'amour pendant une courte période, mais comme toujours, nous avons vite vu à quel point les gens gentils et généreux étaient plus nombreux que ceux qui portent des jugements. Quoi qu'il en soit, dans les 24 heures, nous avions décidé de fermer de toutes façons et, dans encore 24 heures, des entreprises comme la nôtre n'avaient plus le choix que de fermer leurs portes.

À travers tout cela, dans l'ensemble, les danseurs de tango qui nous entourent se sont montrés chaleureux, attentionnés et pleins d'esprit communautaire, nous laissant humbles et remplis d'espoir. Et tout cela pendant que vous vivez vos propres peurs et défis à cause de cette épidémie.

Je vous remercie, ma merveilleuse communauté de tango, pour le câlin énorme que vous avez collectivement offert à vos professeurs et organisateurs et j'espère qu'il ne faudra pas trop de temps avant que je puisse à nouveau partager de vrais abrazos avec vous.

Restez en bonne santé en attendant.

Wednesday, 11 March 2020

(Plus de) tango au temps du coronavirus

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Mis à jour le jeudi 12 mars 2020

Hier, nous avons promis d'évoluer avec la situation du coronavirus, et il ne nous a pas fallu longtemps pour le faire.

MonTango a décidé de suspendre tous les cours de groupe, les pratiques et les milongas à partir d'aujourd'hui, le jeudi 12 mars. Nous réévaluerons dans une semaine et tiendrons tout le monde informé.

Certains d'entre vous se réjouiront, certains diront que nous agissons précipitamment. Même nous pensons que cette décision est peut être prématurée, mais nous préférons pécher par excès de prudence.

Les facteurs qui nous ont amenés à cette décision, bien différente de celle que nous avons annoncée hier, incluent:
  • L'augmentation de près de 50% des cas dans la province de Québec depuis hier, de 9 à 13 du jour au lendemain.
  • L'annulation de notre défilé local de la Saint-Patrick, sans parler des événements sportifs et des concerts annulés partout en Amérique du Nord.
  • Les mesures d'urgence annoncées aujourd'hui par le premier ministre du Québec, François Legault, notamment d'ordonner à tous les voyageurs et aux malades de se mettre en quarantaine pendant deux semaines et d'annuler tout événement impliquant plus de 250 personnes.
  • Le fait que notre premier ministre Canadien, Justin Trudeau, soit en quarantaine, parce que sa femme est rentrée chez elle malade d'un voyage à l'étranger. (Nous ne savons pas encore si l'un d'eux a le COVID-19.)
  • L'annulation hier de toutes les milongas à Buenos Aires pour deux semaines. Cette ville a un nombre comparable de cas de COVID-19 au nôtre.
  • La décision de l'une des autres écoles de tango à temps plein de Montréal d'annuler leurs événements pour deux semaines. (Nous sommes en discussion ensemble depuis hier et nous pensons que nous devrions être unis dans cette décision.)

Nous réévaluerons la situation de semaine en semaine et tiendrons nos étudiants et membres informés des dates de début de la session de printemps et du redémarrage des activités du week-end.

C'était une décision extrêmement difficile à prendre, mais nous pensons que c'est la bonne.

Encore une fois, restez en bonne santé, tout le monde.

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Post original:

Tango au temps du coronavirus

Aujourd'hui, le 11 mars 2020, l'Organisation mondiale de la santé a officiellement classé le nouveau coronavirus COVID-19 comme pandémie mondiale.

La communauté de tango (en fait toute communauté de danse sociale) est un terreau idéal pour un tel virus contagieux. Les danseurs de tango passent énormément de temps enveloppés dans les bras d'une personne à l'autre, se tenant la main, se frottant les joues et échangeant de la sueur et probablement même des particules de salive. Sans parler de toutes les surfaces des milongas qui ont été touchées par tant de personnes, des poignées de porte aux tables, chaises et robinets.

Tout le monde parle de ce virus et beaucoup nous demandent ce que nous faisons en tant qu'organisateurs. Je ne suis pas le premier organisateur de tango à publier mes réflexions et recommandations sur l'épidémie, mais en tant qu'enseignante et organisatrice de milongas qui facilite de grands rassemblements de personnes avec beaucoup de contacts physiques, je pense qu'il est de mon devoir de parler et de partager à la fois ce que je sais, ce que je recommande et quelles mesures mon partenaire et moi en tant que propriétaires de studio de tango prendrons pour protéger les gens.

Premièrement: qu'est-ce que cela signifie que COVID-19 est maintenant considéré comme une pandémie?

L'épidémie fait référence à une augmentation soudaine du nombre de cas de maladie qui se propage activement, affectant une proportion exceptionnellement élevée de la population.

La pandémie fait référence à la propagation géographique d'une maladie. Une pandémie est une épidémie qui a traversé les frontières, s'étendant sur plusieurs pays ou continents, affectant également généralement un nombre particulièrement élevé de personnes.

Voici les recommandations de l'OMS pour ralentir la propagation de la maladie (l'arrêter n'est plus considéré comme possible):
  • Lavez-vous les mains fréquemment avec du savon et de l'eau ou, s'il n'est pas disponible, utilisez un désinfectant pour les mains à base d'alcool.
  • Si vous éternuez ou toussez, couvrez votre bouche avec un mouchoir jetable. S'il n'est pas disponible, utilisez votre coude.
  • Évitez tout contact avec des personnes présentant des symptômes de fièvre ou de toux.
  • Évitez de toucher votre visage avec des mains non lavées.
  • Si vous avez de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, consultez un médecin, mais appelez avant de vous rendre à une clinique ou à l'urgence. (Le numéro à appeler au Québec est Info-Santé au 8-1-1.)
Dans le contexte de la communauté du tango, ces recommandations se traduiraient par:
  • Lavez-vous ou désinfectez-vous soigneusement les mains avant et après chaque leçon et chaque tanda.
  • Si vous éprouvez des symptômes de rhume ou de grippe, ne tentez pas avec la santé des autres: restez à la maison.
  • Si vous avez récemment voyagé dans des régions très touchées comme la Chine, l'Iran, l'Italie ou la Corée du Sud, restez à l'écart des cours et des milongas pendant deux semaines complètes.
Ce que nous à MonTango en tant qu'organisateurs de milonga ferons:
  • Fournir du savon et un désinfectant pour les mains. Ce n'est pas nouveau! Nous avons toujours gardé nos salles de bain propres et fourni du savon pour les mains ainsi que du désinfectant. (Plusieurs personnes ont écrit pour me demander si j'avais "envisagé" de fournir un désinfectant pour les mains, mais pendant des années, nous en avons gardé une bouteille juste à côté de notre station d'eau. Nous ajouterons probablement quelques bouteilles de plus maintenant, comme à la table d'accueil et autour de la piste de danse.)
  • Nous vous demandons, nos danseurs, de rester à la maison si vous êtes malade et nous ferons de même. Cela peut éventuellement entraîner l'annulation de cours ou des cours enseignés par un instructeur plutôt que par deux, mais la réduction de tout risque de transmission doit, bien entendu, être notre priorité.
  • Annuler les événements si cela devient nécessaire. Ici au Québec, à ce jour, il n'y a que 8 cas connus de COVID-19 et, à notre connaissance, il n'y en a pas eu dans notre milieu du tango. En ce moment, nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d'annuler nos cours ou nos milongas, mais si des recommandations officielles contraires sortent, si nous pensons soudain que ce serait la bonne ligne de conduite, nous le ferons absolument.
Heureusement pour nous, nous vivons une réalité très différente de celle de nombreux danseurs en Europe, en Asie et même aux États-Unis. Le virus n'a pas encore frappé notre communauté de tango et a en fait à peine touché notre ville.

Aujourd'hui, nous nous considérons chanceux et, encore une fois, mon partenaire et moi ne pensons pas encore que des mesures drastiques soient nécessaires. Mais avec ce virus, les choses pourraient changer d'ici la semaine prochaine… ou peut-être même demain. Nous nous tiendrons au courant et au fur et à mesure que les recommandations officielles changent, notre réponse changera aussi. Si les écoles et les rassemblements publics étaient fermés, notre milonga fermerait également.

C'est une période effrayante pour des entreprises comme la nôtre. Avec un loyer cher à payer chaque mois, quelques semaines sans activités de tango pourraient avoir des conséquences désastreuses pour nous et les autres écoles comme la nôtre. Mais la santé de la communauté passe avant tout, bien sûr.

Il est difficile de savoir quoi faire et qui croire avec autant d'informations différentes et autant de personnes qui partagent leurs opinions et leurs conseils. La paranoïa, l'alarmisme et des théories du complot abondent, distraient et m'énervent, mais cette maladie est une menace très réelle et nous vous assurons que nous la prenons au sérieux.

Je vous souhaite à tous une bonne santé et je vous tiendrai au courant des changements.

Lectures complémentaires:

Parmi les autres professionnels du tango que j'ai lus sur le sujet, citons Carol Horowitz, une collègue propriétaire d'école de tango à Montréal dont vous pouvez lire les recommandations très sensées ici et Alex Apetrei, un danseur de Zurich, en Suisse, qui a publié un appel à arrêter toutes les milongas dans le monde (bien que bien documenté, j'ai considéré sa recommandation quelque peu alarmiste, même si j'ai certes une perspective différente de ce côté de l'étang).

Voici un lien vers des informations à jour sur le nouveau coronavirus du gouvernement du Québec.

Monday, 21 October 2019

Vingt leçons de tango : Neuvième partie : Franchir le seuil du niveau avancé


La plupart des danseurs de tango sont de niveau intermédiaire. Que peuvent-ils faire pour parvenir au niveau suivant?

Traduit par François Camus 

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, apprises sur, autour ou à travers le tango, un long processus plein de frustrations et de récompenses.

Leçon no 9 : Le niveau intermédiaire est le plus dur, le plus long et le plus difficile à percer pour parvenir au niveau suivant. Vraiment, me dites-vous? Le niveau débutant ne serait-il pas plus difficile que le niveau intermédiaire? Pas selon moi. Il y a des raisons pour lesquelles la plupart des danseurs sont de niveau intermédiaire.

La phase de débutant. Comme débutants, nous sommes dans une phase de pure découverte. On pourrait l’appeler l’innocence du tango. Le monde du tango est tout nouveau et un peu magique. Bien sûr il y a des frustrations à ce niveau, mais au début, la plupart des danseurs avancent assez rapidement le long de la courbe d’apprentissage, allant de rien à quelque chose en très peu de temps.
Je dirais que la phase de débutant dure de six à douze mois pour l’étudiant de tango moyen. Comme j’ai dit, ceci est une moyenne; il y a toujours des exceptions. De temps en temps, un étudiant particulièrement doué passe en flèche de débutant à avancé en un an, et de temps en temps il y a des étudiants qui recommencent Tango 1 une demi-douzaine de fois sans vraiment comprendre. Mais pour la plupart, en un an les étudiants acquièrent suffisamment d’habiletés et de connaissances pour poursuivre à:

La phase intermédiaire. À ce niveau, le tango a perdu un peu de son mystère initial. Nous l’aimons toujours, nous sommes toujours impressionnés par ceux qui le maîtrisent plus que nous, mais ce n’est plus nouveau ou inatteignable comme ça l’a déjà été.

Ce stade est jonché de plateaux dans la courbe d’apprentissage et juste comme on a l’impression qu’on va y arriver, on a une soirée merdique et on conclut qu’en fin de compte on ne sait rien. Alors il y a de la frustration, beaucoup de frustration.

À ce stade, les guideurs ont tendance à se sentir stressés de ne pas connaître plus de mouvements et ils se trouvent ennuyeux s’ils ne peuvent en faire assez pendant une tanda. Les guidées aussi deviennent frustrées, envers leur partenaire si elles ont l’impression qu’il ne parvient pas à suivre, et envers elles-mêmes lorsqu’elles commencent à comprendre que leur rôle est plus que suivre. Éventuellement, elles commencent à réaliser que les erreurs ne sont pas toutes la faute du guideur et que leur côté du partenariat est plus difficile qu’elles n’anticipaient. Bien que cette prise de conscience soit un bon signe, c’est tout de même frustrant.

Entretemps, les professeurs ne cessent de dire de porter plus attention à la posture, à la connexion, à la musicalité et à la gestion du plancher, mais la plupart des danseurs de niveau intermédiaire ne le saisissent pas encore tout à fait. À ce stade, guideurs et guidées peuvent se sentir dans un creux de vague alors qu’ils réalisent combien de temps et d’efforts ardus sont encore à venir. Plusieurs danseurs cessent d’aller de l’avant. Ils ont acquis suffisamment de mouvements et de partenaires pour s’amuser aux milongas. Alors, pourquoi investir du temps, de l’effort et de l’argent dans des cours? Si le but est de socialiser et de danser, il a été atteint. Plusieurs danseurs sont contents à ce niveau et ne ressentent pas le besoin d’aller plus loin.

Certains toutefois veulent aller plus loin, percer le seuil suivant et devenir vraiment « avancés ». La plupart des danseurs rendus au niveau intermédiaire-avancé ont plusieurs fois approché le seuil quand, par chance ou à dessein, tout s’est mis en place avec facilité : les pas, l’équilibre, l’étreinte et la musicalité. Ils ont ressenti ce que ça devrait être, ce que ça pourrait être, et ils en veulent plus. Ces danseurs doivent trouver le moyen d’y parvenir ou ils vont finir par abandonner par frustration.

Pour la plupart, sauf les rares danseurs vraiment exceptionnels, la phase intermédiaire dure le plus longtemps. En moyenne, elle commence après environ un an, mais pour certains elle ne se termine jamais. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’améliorations pendant tout ce temps. Il y en aura, peut-être même beaucoup. Le niveau intermédiaire est très vaste et la plupart des danseurs s’améliorent et avancent au moins quelque peu. Mais vraiment franchir l’insaisissable seuil « avancé » ne se produira pas pour tout le monde, peu importe le temps que vous passerez à danser dans les milongas.

La phase avancée : Une fois qu’on devient vraiment avancé, il y a une nouvelle magie. Il y a toutes ces choses dont on a déjà entendu parler mais qu’on n’avait pas vraiment saisies, et maintenant, ça y est. C’est comme si on était finalement admis dans une société secrète et qu’on avait déchiffré les codes pour accéder à un nouveau niveau de compréhension et d’éveil. Nous dansons avec abandon, incarnons la musique, devenons « un » avec nos partenaires. Il y a encore et toujours de nouvelles découvertes à venir, mais elles sont à un tout autre niveau.

Ces années de dur labeur rapportent enfin et c’est si satisfaisant. C’est ici que les lumières s’allument et qu’on comprend par soi-même ce que nos professeurs ne cessaient de nous dire : que la technique est reine et nous libère pour apprécier la danse à un tout autre niveau. On réalise que les séquences et les mouvements sont secondaires non seulement à la technique mais aussi à la musicalité, à la connexion et à la gestion de la piste de danse. À ce point, on comprend vraiment que les habiletés et le plaisir sont une question du comment et non du quoi.

Il est rare qu’un danseur devienne vraiment avancé en moins de cinq ans, et comme je l’ai déjà dit, plusieurs ne le deviennent jamais.

J’aimerais avoir une solution magique universelle pour parvenir à cette percée mais je ne l’ai pas. En fin de compte, le travail ardu et chaque réalisation qu’on en retire est propre à chaque danseur. Comme professeur, je peux seulement guider et entraîner, je ne peux faire le travail pour vous. Je peux vous diriger dans la bonne direction et même vous guider le long du bon chemin, mais que vous atteigniez votre destination ou non dépend de vous. Comme écrivain et professeur, je vous suggère la recette suivante, mais c’est à vous de la faire.

Les quatre ingrédients essentiels pour atteindre cette percée au niveau avancé :
  1. Le talent. Certaines personnes franchissent la porte et les professeurs savent tout de suite qu’elles ont quelque chose de spécial. Elles se déplacent bien, intègrent les corrections presque instantanément et semblent comprendre dès le début comment l’ensemble fonctionne. Peut-être qu’elles ont pratiqué la danse toute leur vie et que très tôt elles ont développé leur force, leur axe et une conscience de leur corps; ou peut-être qu’elles l’ont tout simplement dans le sang. Ils ne sont pas musicien ni danseur (pas encore), mais ils ont le rythme dans leur corps et ils bougent comme s’ils étaient nés sur la piste de danse. Si vous avez ce talent, le reste sera plus facile. Mais encore, plusieurs personnes prennent ce talent pour acquis et elles sont des étudiants paresseux. Le talent aide certainement, mais en lui-même, ce n’est pas une garantie de génialité, en tango ou ailleurs.
  2. Le dur labeur. Ceci signifie que vous vous entrainerez régulièrement en dehors des milongas. D’abord, vous continuerez à prendre des cours, particulièrement des cours privés. Je dirais qu’à un moment donné ou à un autre, chaque personne qui a atteint le niveau avancé a pris des cours privés avec un bon professeur. Vous incorporerez aussi des entraînements autres que le tango pour améliorer des choses telles que votre posture, votre équilibre et votre force. Ceci peut vouloir dire que vous prendrez des cours de yoga, travaillerez avec un entraîneur personnel ou autre chose. La conscience du corps, un bon alignement, une bonne posture et des jambes fortes sont essentiels pour maîtriser le tango. Et vous demeurerez suffisamment humbles pour reconnaître que vous n’avez jamais fini d’apprendre. Peu importe à quel point vous êtes bon, vous pouvez toujours faire mieux. Alors n’arrêtez pas trop tôt de prendre des cours. En danses sociales, les gens arrêtent habituellement très tôt de prendre des cours, souvent après un an ou deux. Ce n’est pas le cas dans des disciplines telles que le ballet ou le yoga par exemple, où même les praticiens avancés continuent de suivre des cours pendant des années. Entretemps, la vaste majorité des danseurs de tango suivent quelques sessions de cours réguliers puis lèvent le nez aux offres de cours de leur studio local, optant d’aller seulement aux cours donnés dans les festivals par des maestros de passage, s’ils prennent encore des cours. Ne me méprenez pas, je profite aussi de ces occasions, mais elles coûtent cher et n’offrent aucun suivi. Il y a donc de fortes chances qu’elles soient un outil d’apprentissage moins profitable pour le danseur moyen que des cours réguliers avec un professeur de qualité. Tout ceci étant dit, le truc génial est qu’une fois qu’on a enfin franchi le seuil du niveau avancé, on peut commencer à apprendre par soi-même. À ce niveau vous avez une compréhension intégrale de votre propre corps et de ce qui constitue une bonne technique de tango, vous pouvez vous entraîner seul ou avec un/e partenaire et vous améliorer de façon autodidacte. Vous pouvez pratiquer sans être constamment observé par un professeur parce que vous pratiquez bien. Mais, comme tout danseur avancé le sait, des cours et du coaching périodiques par un maestro ou un collègue sont une nécessité. Même les meilleurs danseurs ont de mauvaises habitudes et ont parfois besoin d’un tiers pour leur faire remarquer. 
  3. La détermination. Vous devez le vouloir et être disposé à y travailler. Ceci ne peut venir de personne d’autre que de vous-même. Par contre, certaines personnes ne ressentent pas cette détermination dès le début, mais un jour, pour une raison quelconque, ils se réveillent soudainement en ayant pris la ferme décision de « se rendre là », et feront le dur travail requis, stimulés par ses récompenses plutôt que d’être découragés par ses exigences. Cette action décisive est essentielle.
  4. Le temps. Des années d’expérience ne suffisent pas à faire de vous un danseur avancé. Nous connaissons tous des gens qui dansent depuis 15 ans dont la technique n’a pas bougé depuis 10 ans. Mais vous ne pouvez pas précipiter le processus non plus. Votre esprit et votre corps ont besoin de temps pour intégrer et absorber le travail que vous faites. Bien que pratiquer le tango trois fois par semaine sera certainement plus efficace qu’une seule fois par semaine, suivre 10 cours par semaine et danser chaque soir n’accélèrera pas nécessairement votre rythme d’apprentissage de façon exponentielle. Alors passez du temps sur la piste de danse, mais acceptez aussi que ça va tout simplement prendre du temps.

Vous devez trouver la bonne dose de travail, de temps et de détermination. Ajoutez une pincée de talent, et vous êtes en affaire.

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