Sunday, 2 January 2022

Des mots qui inspirent : la pratique

La pratique en solo est l'un des meilleurs moyens
pour améliorer votre danse.

Traduit par François Camus
Lire la version originale en anglais ici

Ces jours-ci je reviens souvent à ce mot.

Puisque que je suis enseignante, je rappelle presque toujours aux gens de pratiquer, mais le mot «pratiquer» a des significations sous-jacentes profondément bénéfiques.

Alors que nous nous dirigeons vers l'An 3 de la pandémie de COVID-19, la danse, en particulier la danse sociale, a été arrêtée à divers degrés pendant tout ce temps, de nombreuses personnes ont déploré à plusieurs reprises la «mort» du tango. À Montréal, les milongas intérieures ont finalement rouvert en novembre dernier – pour être fermées à nouveau un mois plus tard. Donc, de nos jours, si nous voulons continuer à danser, nous ne pouvons que pratiquer. Là encore, toute danse est, en fait, de la pratique, n'est-ce pas?

S'il est vrai que de nombreux événements de danse sociale ont été annulés au cours des deux dernières années, certaines personnes ont trouvé des moyens de continuer à danser tout au long des fermetures et des réouvertures apparemment sans fin, suivant des cours en ligne avec ou sans partenaire, prenant des cours privés lorsque cela était possible et travaillant seul à la maison.

En plus du tango, j'enseigne aussi le yoga. Je donne des cours, mais je prends aussi des cours hebdomadaires et j'ai une pratique personnelle régulière. Parce que le yoga est une pratique. C'est ce que disent les yogis : nous ne faisons pas de yoga; nous pratiquons le yoga. Contrairement au tango, le yoga n'est pas avant tout une activité sociale, le but de sa pratique n'est donc pas quelque chose «d’autre», comme aller aux milongas et danser avec nos partenaires de choix. Le but de la pratique de yoga en est la pratique elle-même. Cela apportera une amélioration continue de la pratique, qui apportera à son tour des avantages à notre corps et à notre vie, tels que des jambes plus fortes, une meilleure posture et peut-être un esprit plus calme. Hmmm. Nous pouvons également tirer des bénéfices similaires de la pratique de notre danse.

Je souhaite souvent que le tango soit vu de la même manière. La plupart des danseurs sociaux arrêtent très tôt de suivre des cours réguliers, souvent après un an ou deux. La grande majorité des danseurs de tango suivent quelques sessions de cours réguliers, puis ils regardent de haut les offres de leurs studios locaux, choisissant d'arrêter complètement de suivre des cours ou de ne prendre que des cours donnés dans des festivals par les maestros invités.

Dans les cours en groupe, la plupart des gens veulent juste monter, monter, monter, plutôt que d'apprendre simplement pour apprendre. Je dis la plupart des gens, car il y a bien sûr des exceptions. Il y a ceux qui prennent régulièrement des cours privés pendant des années et ceux qui préfèrent les pratiques aux milongas. Alors qu'un système de cours en groupe par niveaux s'est avéré le plus commercialisable, offrant aux étudiants un sentiment de progression et d'accomplissement, il a pour malheureux effet d'encourager les étudiants à se précipiter d'un niveau au suivant et à se sentir découragés si les enseignants leur suggèrent de répéter un cours. Je me souviens avec émotion d'un étudiant qui n'était libre qu'un soir par semaine, je pense que c'était le mardi, et pendant des années, il s'est simplement inscrit aux cours que nous proposions le mardi soir. Peu importait qu'il s'agisse de milonga, de vals, d'un cours avancé sur les sacadas ou les boleos, ou de Tango 1, 2 ou 3; il était toujours là et il apprenait toujours quelque chose.

Beaucoup de satisfaction peut être trouvée juste en faisant un effort. C'est aussi vrai dans le tango qu'ailleurs. Les effets secondaires positifs abonderont, allant de devenir un partenaire de tango de plus en plus recherché, à l'amélioration de la fonction cérébrale (comme le montrent de plus en plus d'études), au maintien d'une bonne posture tout au long de notre vie.

L'entrée du dictionnaire Oxford pour le mot « pratiquer » comprend deux définitions soulignant l'idée que nous pouvons pratiquer afin d'atteindre un objectif ou simplement pour les avantages de la pratique elle-même :

1. Effectuer (une activité) … à plusieurs reprises ou régulièrement afin d'améliorer ou de maintenir ses compétences.

2. Effectuer ou exécuter (une activité, une méthode ou une coutume particulière) de manière habituelle ou régulière.

Il est clairement important de pratiquer. Mais si l'on veut vraiment s'améliorer, il est tout aussi nécessaire de bien pratiquer. Nous connaissons tous l'expression «la pratique rend parfait», mais certains ont soutenu qu'un meilleur dicton est «la pratique rend permanent». Cela implique deux choses : que pratiquer régulièrement aura des effets à long terme, mais aussi que pratiquer quelque chose de la mauvaise manière ne servira qu'à enraciner davantage les mauvaises habitudes.

Une chose que nous voyons tout le temps sur la piste de danse et que les professeurs déplorent, ce sont des danseurs qui dansent dans les milongas depuis une décennie ou plus avec une mauvaise technique avec peu ou pas d'amélioration. Je le vois aussi dans la posture. Une mauvaise posture se développe tout au long de la vie. Si vous êtes assis, affaissé, courbé pendant huit heures par jour ou plus pendant 30 ans, votre corps adoptera progressivement une forme arrondie et voûtée. Si vous vous initiez à quelque chose comme le tango et souhaitez améliorer votre posture (et donc votre élégance et votre équilibre) pendant que vous dansez, vous devrez passer pas mal de temps à pratiquer de nouvelles habitudes posturales, sur et en dehors de la piste de danse. Je ne peux pas vous dire combien de fois que je suggère à quelqu'un de relever la tête ou la poitrine, et que je me fais répondre sommairement : «C'est comme ça que je suis fait.» Bien sûr, je ne peux pas forcer quelqu'un à travailler sur quelque chose qui ne l'intéresse pas, mais je dois admettre que ce genre de remarque me rend dingue. Si des années d'affaissement quotidien peuvent arrondir votre dos, une pratique quotidienne soutenue pour se tenir droit peut certainement le redresser, au moins quelque peu. Cela améliorerait non seulement votre tango, mais aussi la force de votre dos, votre respiration et votre confiance en vous.

Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez rien apprendre en dansant dans les milongas. Les précieuses compétences que vous perfectionnerez sur une piste de danse bondée incluent des capacités de navigation et de réagir instantanément, l'adaptabilité à différents partenaires et les habiletés d'improvisation. Sans parler des compétences sociales telles que l'utilisation du système de mirada-cabeceo et comment gérer le rejet avec élégance. De plus, vous ne pouvez pas (ou du moins ne devriez pas) obtenir ou donner des commentaires sur votre danse dans une milonga comme vous pourriez le faire dans un cours ou même une séance de pratique sérieuse avec votre partenaire. Si votre technique est déjà excellente, vous pouvez la renforcer par la danse sociale, mais si ce n'est pas le cas, vous vous retrouverez probablement à renforcer encore plus vos mauvaises habitudes.

Beaucoup de danseurs de tango détestent l'idée de la pratique en solo, la jugeant inutile - puisque le tango est censé être dansé avec un.e partenaire - ou la jugeant tout simplement ennuyeuse. L'un des cours que mon partenaire et moi avons le plus enseigné pendant la pandémie s'appelle Tango Drills. Dans celui-ci, nous faisons quelques exercices techniques puis nous enseignons de courtes séquences sur la musique, nous les répétons et les combinons, nous répétons encore et recombinons. C'est un excellent cours pour ces temps de COVID, car vous n'avez pas besoin d'un.e partenaire et cela fonctionne aussi bien en ligne qu'en personne. Au cours de l'été, nous l'avons enseigné plusieurs fois dans le parc et nous avons publié en ligne une vidéo du cours. Un commentateur a fait la remarque : «Ce n'est pas du tango, c'est de la danse en ligne.» Oh, comme j'aime quand les gens expriment leurs opinions arrêtées sur ce que le tango «est» et «n'est pas». Mais c'est hors de mon propos, lequel est que la pratique en solo est l'un des meilleurs moyens d'améliorer votre danse. Si vous pouvez exécuter des giros et des ochos seul avec de l'équilibre, du style et de la musicalité, vous ne serez pas un lourd fardeau pour votre partenaire parce que vous vous accrochez à lui pour votre survie, ou que vous vous précipitez d'une étape à l'autre pour éviter de perdre votre équilibre, ou en vous fiant uniquement à sa capacité de suivre le rythme de la musique. Tous ceux qui ont suivi nos drills au cours des deux dernières années sont d'accord : leur danse s'est améliorée.

Souvent, un peu de pratique fait beaucoup de chemin. Lorsque j'enseigne à quelqu'un et que je remarque une amélioration de leurs compétences entre les cours, je leur demande : «Vous êtes-vous pratiqué?» Leur réponse est presque inévitablement «Oui». Même si cela signifie qu'ils n'ont pratiqué que 20 minutes une fois entre les cours, cela se voit toujours.

À l'autre extrémité du spectre, il y a les étudiants qui s'éloignent ou s'assoient chaque fois que nous enseignons un exercice en solo pendant un cours. Je me souviens d'un étudiant en particulier qui se tenait là à regarder le reste du groupe répéter ses croisés arrières. Nous l'avons encouragé à participer, mais il a refusé en disant : «Oh, je l'ai déjà appris.» Il ne voyait tout simplement pas l'importance de répéter une chose pour mieux la faire. Dans sa tête, s'il l'avait essayé une fois et l'avait compris, cela suffisait et il était temps de passer à autre chose.

Les deux dernières années, avec toutes leurs turbulences et leur imprévisibilité, ont été l'occasion de pratiquer beaucoup de choses : patience, acceptation, lâcher prise, gratitude. Parfois, ce n'est pas facile. Nous avons dû être patients, confinement après confinement, et nous avons dû accepter tant de choses, les constants changements de normes, les politiques et les croyances extrêmement différentes des membres de notre famille, de nos amis et de nos connaissances. Au cours des dernières semaines, le nombre de cas de COVID au Québec est monté en flèche, et lorsque mon école de danse a de nouveau été fermée et que plusieurs membres de la famille ont attrapé le virus (moi y compris et malgré le fait que nous soyons prudents et entièrement vaccinés), mettant fin à nos plans de Noël, c'était facile se sentir victime et de se plaindre : «Pourquoi moi? Pourquoi nous?» Puis j'ai eu ma pratique quotidienne du yoga, qui comprend toujours un rappel de pratiquer la gratitude, et j'ai pensé aux nombreuses choses pour lesquelles je dois être reconnaissante : ma famille, une maison chaude, de la nourriture sur la table, un corps sain qui est capable de lutter contre la maladie, et l'accès aux vaccins qui l'aident à le faire. En pratiquant la gratitude, il ne faut pas longtemps pour la ressentir et devenir reconnaissant.

J'aime me considérer comme une personne ouverte d'esprit et sans jugement. Mais tout le monde juge, du moins parfois, même moi! Alors que puis-je faire à ce sujet? Il est difficile de changer nos réflexes ou nos réponses automatiques, et de temps en temps je pourrais voir quelqu'un qui est habillé «drôlement» ou «mal» et je pourrais penser, «Beurk! Qu'est-ce qu'ils portent?» Mais ensuite, je me rappelle consciemment de ne pas juger les gens, m'entraînant à ne pas porter de jugement, même lorsque mon premier réflexe était de le faire.

Il en va de même dans le tango. Si, par exemple, vous avez l'habitude de soulever et de tendre vos épaules lorsque vous dansez, prendre conscience de cette tendance est un premier pas. Vous pourriez avoir besoin de plusieurs rappels de la part d'un enseignant ainsi que de quelques techniques pratiques pour détendre vos épaules et les placer correctement. Ensuite, vous devez vous pratiquer. Vos épaules continueront de se soulever et de se tendre, mais vous le remarquerez et vous vous corrigerez encore et encore jusqu'à ce que vous changiez enfin les réflexes de votre corps et que maintenir vos épaules vers le bas devienne normal. Cela peut prendre beaucoup de temps et beaucoup de répétitions, mais l’effort deviendra beaucoup moins conscient jusqu'à ce qu'un jour la correction se fasse sans effort.

À peu près tout ce que nous répétons dans notre vie quotidienne pourrait être considéré comme une pratique, qu'elle soit intentionnelle ou non. Quand il s'agit de choses que vous aimeriez améliorer, que ce soit votre danse ou votre attitude, pourquoi ne pas en faire une pratique consciente? Les avantages seront certainement nombreux et de grande portée.

Sunday, 17 October 2021

Qui savait que les danseurs étaient si dangereux?



Traduit par François Camus
Lire la version originale en anglais ici

Qu’est-ce que notre gouvernement a contre la danse? J’ai posé cette question à maintes reprises, et je n’ai toujours pas reçu de réponse satisfaisante, en fait, pas de réponse du tout.

Pendant longtemps, j’ai pensé que nos dirigeants provinciaux étaient tout simplement ignorants de la simple existence de la danse sociale. Ils sont très certainement ignorants de ses nombreux avantages (plus à ce sujet plus tard). Mais maintenant, je suis devenu convaincue qu’ils ont réellement quelque chose contre elle et contre nous. La seule mention publique de notre secteur négligé lors d’une récente conférence de presse annonçant l’assouplissement des mesures Covid dans tous les domaines du divertissement, à l’exception de la danse, était quelque chose du genre: « Les jeunes qui dansent dans des discothèques, non, nous ne sommes pas encore prêts pour cela. »

Tout d’abord, pourquoi est-ce la seule image de la danse qui nous est présentée? Des bandes de jeunes irresponsables et ivres dansant toute la nuit, propageant leurs virus à toutes les autres personnes dans la pièce. Croyez-moi, je n’ai rien contre les clubs de danse ou discothèques, et je pense qu’il est temps qu’ils soient aussi autorisés à ouvrir, mais qu’en est-il des milongas (soirées de tango), les clubs de salsa, les événements de danse sociale, sans parler du swing, de la danse en ligne, de la danse carrée et autres. Des activités où l’objectif est de danser plutôt que de draguer ou de consommer de l'alcool.

En parlant de boire, qu’y a-t-il avec l’interdiction absolue de boire et de danser au même endroit? Depuis le début de la pandémie, les SAQ n’ont jamais fermé une seule fois. L’alcool est apparemment un service essentiel, dans le haut de la liste avec les épiceries, les pharmacies et la chirurgie cardiaque. Même les rendez-vous chez le dentiste ont été annulés au début de la pandémie et mon rendez-vous de mars 2020 avec mon médecin généraliste n’a toujours pas été reporté. Mais les ventes d’alcool gérées par le gouvernement n’ont jamais cessé, car que doivent faire les gens lorsqu’ils ne peuvent pas manger à l’extérieur, se faire couper les cheveux, socialiser, aller au gym ou même prendre une marche après 20 heures? (Je suis à peu près certaine que ma consommation de vin en soirée était responsable de la plupart des 15 livres que j’ai gagnées au cours des trois premiers mois de la pandémie - malgré le yoga quotidien, les promenades de chiens et l’enseignement en ligne.)

Finalement, les restaurants et même les bars ont été autorisés à rouvrir ... en autant que leurs pistes de danse restent fermées! Donc, quand il s’agit d’alcool, c’est tout ce que vous voulez et autant que vous pouvez en boire! Mais certainement pas de danse!

Aux fins de la réglementation sanitaire, les studios de danse ont été regroupés avec les gymnases dès le début. Donc, mon studio de tango est censé appliquer directement et de manière transparente les mêmes règles énoncées pour la musculation, courir sur un tapis roulant et des cours d’aérobie. Pendant ce temps, la danse a en quelque sorte été purement et simplement diabolisée avec les gymnases, en grande partie à cause d’un gymnase maintenant tristement célèbre de la ville de Québec qui est devenu un super-épandeur de Covid et a causé une des pires éclosions au pays. Maintenant, permettez-moi d’être claire, c’était un gymnase. Pas un studio de danse. De plus, un gymnase dirigé par un anti-masque bien connu qui n’a pas appliqué les mesures sanitaires ni la distanciation. Alors, ce gymnase était-il un bon exemple de la façon dont la danse sociale, ou même les gymnases, peuvent être dangereux ou à quel point un propriétaire d’entreprise anti-vax, anti-masque, irresponsable qui bafoue les règles peut être dangereux?

Alors que les niveaux de vaccination augmentent et que nous entrevoyons la fin de la pandémie de Covid, à peu près tous les pays/états/provinces/ villes du monde permettent à nouveau la danse sociale. Mais pas le Québec. Il y a eu un marathon de tango à Toronto la fin de semaine dernière, auquel des dizaines de Montréalais privés de danse ont assisté. La promotion de cet événement mentionnait que les participants devaient être vaccinés et, pour autant que je sache, aucune éclosion de Covid ne lui a été associée. La scène de tango de la ville de New York est de retour en pleine activité et, selon un article récent du New York Times, la Covid n’a pas commencé à se propager au sein de la communauté de tango. Presque tous les pays d’Europe (à l’exception peut-être de l’Italie et de la Belgique) autorisent maintenant la danse sociale.

Ici, à Montréal, depuis la semaine dernière, la distanciation sociale a été abandonnée dans les restaurants, les théâtres, les salles de concert et d’autres secteurs. Mais pas dans les studios de danse. Ainsi, vous pouvez maintenant avoir plus de 21 000 amateurs de hockey ou de musique qui crient assis côte à côte dans le Centre Bell pendant des heures à la fois, enlevant leurs masques pour manger leurs hot-dogs et boire leurs bières, mais les studios de danse sont toujours limités à 25 danseurs sobres et masqués. Si vous avez un énorme studio et que vous êtes ainsi autorisé à dépasser les 25 danseurs, vous ne pouvez autoriser aucun changement de partenaire et devez appliquer la règle de distanciation de deux mètres sans exception. Tout cela, pour les danseurs de tango, signifie une chose claire: pas de milongas.

Si des milongas – ici ou ailleurs – ou des événements similaires avaient été responsables d’importantes éclosions de Covid, je comprendrais un peu plus. Mais pour autant que je sache, les éclosions continuent de se produire dans les écoles, les lieux de travail et les résidences pour personnes âgées. Alors, pourquoi punir les danseurs?

Dans mon studio de tango, nous avons rouvert brièvement à l’été 2020 et depuis juillet dernier nous organisons des cours et des pratiques guidées. Nous suivons de près les règles extrêmement restrictives de distanciation/port du masque/vaccination et avons eu un total d’un élève qui a déclaré avoir eu la Covid en près de deux ans, mais il ne l’a pas attrapé ni transmis à notre école ni dans notre communauté. Alors, où est le terrible danger dans le monde de la danse? Je ne le vois pas.

Les bienfaits physiques et psycho-émotionnels de la dance sont bien connus. Il y a l’aspect exercice, l’aspect socialisation... Dans tous les cas, les avantages sont sûrement plus importants que ceux de vider une bouteille de vin pendant le souper ou de rester assis dans une salle de cinéma pendant deux heures et demie (par opposition à être sur un canapé devant Netflix).

Pourtant, d’une manière ou d’une autre, la danse, les danseurs et les entreprises de danse restent pris à la gorge tandis que le reste de la société est autorisé à s’ouvrir et à aller de l’avant.

Pour être clair: je suis pro-vaccin et mon partenaire et moi avons adhéré dès le début aux règles dans nos vies personnelles et professionnelles. Je ne pense pas que le port du masque, la vaccination et le soin de ma santé et de celle des gens autour de moi soit une atteinte inacceptable à ma « liberté ». Mais je crois que nous devons finalement apprendre à vivre avec ce virus et que si toutes les autres entreprises et tous les autres secteurs sont autorisés à aller de l’avant, nous devrions l’être aussi. 

Les restrictions sur la danse me laissent un sentiment d’exclusion, d’oubli, de colère, de frustration et d’impuissance. Qu’en est-il pour vous?

Friday, 8 January 2021

Une lettre d'adieu à 2020


Cher 2020, 

Adieu et bon débarras! 

Tu ne vas pas me manquer, mais cela ne veut pas dire que je n'ai rien appris de toi. 

Tu étais difficile, stressant, grossissant et frustrant. Tu étais plein de perte, de solitude, de conflit, de controverse et de drame. 

Tu as creusé un fossé entre beaucoup d'entre nous alors que nous avons exposé pleinement nos sentiments et nos opinions à ton sujet. Grâce à toi et avec un peu d'aide des médias sociaux, nous avons publiquement partagé nos points de vue sur la politique et la science, exposant souvent avec colère des pensées et des sentiments comme jamais auparavant avec des amis, des collègues et des connaissances.

Cependant, les gens apprennent beaucoup de l'adversité et je ne suis pas différente. Alors, qu'est-ce que tu m'as appris? Qu'ai-je accompli avec toi et grâce à toi? 

J'ai appris à ralentir. C'était l'une des leçons les plus difficiles pour moi. Au lieu de remplir chaque jour d'autant d'heures d'enseignement, de pratique, de planification, de publicité, de gestion et de courses que possible, j'ai fait de longues promenades et de longues pratiques de yoga, j'ai lu des livres et regardé des émissions et des films, j'ai cuisiné et jardiné et dépensé plus de temps avec ma famille et mes animaux de compagnie. Bien sûr, j'ai travaillé aussi, adaptant mon entreprise à la nouvelle réalité au fur et à mesure qu'elle se déroulait et évoluait du mieux que je pouvais, mais même avec un enseignement en ligne (et un retour bref mais tellement bienvenue à l'enseignement en personne) et en gérant la tâche de garder notre école de tango à flot (rester en contact avec nos danseurs et chercher de l'aide financière) le rythme de ma vie quotidienne a considérablement baissé. Ralentir n'est pas facile pour quelqu'un comme moi qui a besoin de se sentir constamment utile et productive, mais je sais que cela m'a fait du bien. (Maintenant, je me demande même comment je vais recommencer à travailler 10 à 12 heures par jour cinq ou souvent six jours par semaine le moment venu.) 

J'ai appris à être patiente et adaptable. En mars 2020, je n'avais jamais donné de cours en ligne. Neuf mois plus tard, j'en ai enseigné une centaine. En mars, je ne pouvais pas imaginer porter un masque chaque fois que j'allais dans un lieu public, sans parler d'enseigner ou de danser avec un. Maintenant, j'ai fait tout cela d'innombrables fois et je n'y pense presque plus. (Est-ce que j'aime ça? Bien sûr que non. Mais je préfère porter un masque et pouvoir socialiser un peu que de rester enfermée plus que je ne le suis.) Je me suis habituée à faire la queue, à donner de l'espace en passant des gens dans la rue et à m'abstenir de donner des câlins ou des bisous à mes amis. Notre famille s'est adaptée à l'étrangeté de l'année scolaire de notre fille et au fait que nous soyons tous à la maison et dans l'espace de l'autre, bien plus que jamais auparavant. 

J'ai appris à quel point les gens peuvent être généreux. Mon partenaire et moi avons été submergés par l'effusion de soutien pour notre école de tango, MonTango. Il y a eu tellement de messages d'encouragement et de dons financiers de notre communauté pendant cet arrêt presque total des activités de danse sociale. En mars, nous espérions rouvrir en mai, puis en juin, puis en juillet. Nous avons ouvert partiellement en juillet, mais c'était extrêmement limité et de courte durée. Nous avions l'espoir d'un retour à la normale pour janvier, mais nous voici le début de janvier, fermés plus complètement que jamais avec des chiffres de Covid pires que jamais. Qui sait quand nous rouvrirons du tout, sans parler de quelque manière que ce soit qui ressemble à «normal»? Nous n'aurions pas survécu aussi longtemps sans le soutien de nos amis, étudiants et danseurs et cette réalité nous rend humble et grandement reconnaissant. 

J'ai appris à apprécier les petites choses. Si rien d'autre, l'année dernière a été un rappel de prendre le temps de s'arrêter pour sentir les fleurs et de ne rien prendre pour acquis. Je me suis retrouvée régulièrement à sentir de la gratitude pour ma santé, mon contact humain, un repas savoureux, une conversation avec un cher ami, le beau temps, la nature, la capacité de marcher, la présence de ma famille et bien plus encore. 

J'ai appris à vivre le moment plus que jamais. J'ai toujours cru que c'était l'une de mes qualités, mais la dernière année m'a confirmé qu'il faut vraiment saisir chaque opportunité, car demain vous n'auriez peut-être pas la chance. La vie est courte, fragile et imprévisible. Donc je n'ai pas attendu quand j'avais besoin d'une coupe de cheveux ou d'un massage, quand j'ai eu la chance d'enseigner un cours ou de rendre visite à un ami en personne, quand un défi d'écriture de livres est arrivé, quand nous avons eu la chance de passer quelques jours au bord du lac ou dans les montagnes. 


J'ai appris à lâcher prise. De l'intolérance et du jugement sur les modes de pensée des autres; de la frustration face aux décisions du gouvernement; de l'impatience face à tout, de l'attente de la fin de cette pandémie à l'attente dans les files interminables des épiceries. Colère, frustration, inquiétude, impatience: ce sont des émotions naturelles, mais tellement improductives, voire contre-productives, c'est donc un bon exercice de les remarquer, d'éviter de trop s'en prendre à elles et de les laisser partir. 

J'ai appris l'acceptation. Semblable à la leçon précédente, celle-ci s'est manifestée en acceptant mes amis et ma famille à la fois malgré et à cause de nos divergences d'opinions ainsi qu'en acceptant la réalité du jour, aussi désagréable ou incroyable qu'elle soit. Tout cela contribue à nous garder ouverts d'esprit, flexibles et, en fin de compte, plus généreux.

J'ai appris de nouvelles compétences informatiques. Plus de temps libre signifiait du temps pour acquérir de nouvelles compétences. J'ai donc appris à utiliser un nouveau programme informatique pour le «DJing», ce que j'avais l'intention de faire depuis des années, et, comme le reste de la planète, j'ai appris à «Zoomer».

J'ai appris à cuisiner de nouveaux plats. Moi aussi, j'ai fait beaucoup de pain, sans parler des biscuits, des gâteaux et des tartes et j'ai essayé beaucoup de nouvelles recettes, certaines plus réussies que d'autres et beaucoup d'entre elles végétaliennes. Je suis végétarienne (et végétalienne occasionnelle) depuis plusieurs années. En fait, ce mois-ci, je rejoins le mouvement Veganuary, donc pas de produits d'origine animale pour les 31 prochains jours (et peut-être plus)!

J'ai réappris à écrire. Mon retour initial à l'écriture, après une interruption de dix ans, remonte à six ans en 2014, lorsque j'ai commencé à écrire ce blogue. En 2017, je me suis fixée l'objectif ambitieux d'écrire 20 articles en une seule année - et je l'ai accompli. Ensuite, mon écriture a de nouveau diminué pendant quelques années. L'année passée, j'ai publié huit nouveaux articles et plusieurs traductions. Puis, en novembre, j'ai rejoint le défi NaNoWriMo (National Novel Writing Month) et j'ai écrit 50 000 mots d'un roman en 30 jours. Une semaine et 20 000 mots plus tard, j'avais terminé mon premier brouillon et maintenant j'ai terminé ma première réécriture. Je ne sais pas si mon roman sera publié un jour, mais le terminer est un grand accomplissement d'un objectif de toute une vie, donc je suis fière de moi-même!

Alors, voilà, 2020, dix leçons précieuses que tu m'as apprises. Merci pour toutes et je ne t'oublierai sûrement jamais, mais il était vraiment grand temps pour nous de nous séparer.

Sincèrement,

Andrea

Saturday, 24 October 2020

Terminologie du tango

Un guide de quelques termes couramment utilisés dans le tango argentin. Cette liste est un travail en cours. N'hésitez pas à m'envoyer vos questions, corrections ou suggestions.


Abrazo. Câlin. L'enlacement ou l’étreinte du tango ou la position des bras dans la danse. Les danseurs peuvent utiliser un abrazo abierto, ou enlacement ouvert, en maintenant une certaine distance entre les hauts du corps, ou bien un abrazo cerrado, ou enlacement rapproché, avec contact entre les partenaires au niveau du torse. La danse rapprochée est plus difficile à maîtriser pour la plupart, mais elle a également tendance à être le choix préféré des milongueros et milongueras de haut niveau. Voir aussi Milonguero.

Adelante. Vers l'avant.

Adorno. Ornement, embellissement ou décoration. Parfois appelé dentelle en français. Les adornos sont des jeux de pieds ajoutés par l'un ou l'autre des partenaires pendant les paradas et les pauses ou entre les actions.

Apertura. Aperture ou ouverture. Utilisé pour décrire une salida de côté, spécifiquement avec la jambe gauche du guideur. Voir Salida.

Arrastre. Traîne. Voir Barrida.

Atrás. En arrière.

Balanceo. Balancement. Des transferts de poids partiels ou mini-rebonds, utiles pour éviter les collisions, jouer avec le rythme et faire des changements de direction dans les petits espaces. Peut aussi faire référence à un léger déplacement de poids d'un pied à l'autre sur place et en rythme avec la musique au début d'une danse. Aussi appelé cadencia.

Baldosa. Tuile. Voir Cuadrado.

Barrida. Balayage. Le pied d'un partenaire entre en contact avec le pied de l'autre puis le déplace vers une nouvelle position sur le sol sans perdre le contact. Aussi appelé arrastre.

Boleo. Parfois écrit voleo. Un mouvement où la jambe libre fait une projection ou un coup de pied vers l'arrière, vers l'avant ou enveloppant, normalement en réponse à un changement d'énergie ou de direction, le plus souvent un changement de pivot. Le mot vient probablement de boleadoras, un type d'arme à lancer faite de poids aux extrémités de cordes, autrefois utilisé par les gauchos pour capturer des animaux en emmêlant leurs jambes et maintenant utilisé comme instrument de percussion dans un type de danse folklorique argentine. Certains soutiennent que voleo est l'orthographe correcte, dérivant du mot volear, l'acte de lancer une volée en sports. Notez qu'il n'est jamais épelé (ou prononcé) «bolero», qui peut se référer soit à un genre entièrement différent de musique et de danse latines, soit à une veste courte inspirée de celles portées par les toreros espagnols.

Cabeceo. Hochement de la tête. Du mot cabeza, qui signifie tête. Il fait référence à la technique traditionnelle et non verbale du regard (mirada) et du mouvement de tête (cabeceo) pour inviter les partenaires de danse à distance dans les milongas. Voir également Mirada. Pour en savoir plus sur le cabeceo, lisez mon article sur les codes et l'étiquette de la milonga.

Cadencia. Voir Balanceo.

Calesita. Carrousel. Une figure dans laquelle le leader contourne sa partenaire tout en la gardant pivotante sur sa jambe d’appui.

Caminata. Marche. Généralement considérée comme le véritable pas de base du tango argentin. Les grands danseurs de tango sont appréciés avant tout pour la qualité de leur marche.

Candombe. Un type de danse à l'origine dansée par les descendants d'esclaves noirs dans la région du Río de la Plata et toujours vue à Montevideo, en Uruguay. La musique d'origine africaine a un rythme marqué joué sur une sorte de tambour appelé «tamboril». Il survit aujourd'hui comme fond rythmique de certaines milongas. Voir une prestation musicale du candombe moderne «Tango Negro».

Canyengue. Un style de tango très ancien du tout début du 20e siècle. La musique de cette période avait un tempo 2/4 plus rapide ou dynamique, de sorte que la danse avait une saveur rythmique similaire à celle de la milonga moderne. Un abrazo très rapproché a été utilisé ainsi que des éléments uniques de posture, d'étreinte et de jeu de pieds. Regardez un exemple de la danse canyengue ici.

Colgada. Littéralement, cela signifie suspendu. Dans le tango, c'est un type de mouvement hors axe en position «V», où les pieds du couple restent proches et les hauts du corps s’éloignent. L’équilibre des deux danseurs repose sur une force de contrepoids qu’ils exercent ensemble dans une direction opposée.

Cortina. Rideau. En tango, ça décrit le clip de musique de 30 à 60 secondes qui sert d’intermède entre les tandas ou les «sets» de musique. En principe, une cortina ne doit pas être dansée. On choisit donc un style de musique en dehors de l'univers musical du tango.

Cruce. Désigne la position croisée de base utilisée le plus souvent par la guidée, dans laquelle la jambe gauche croise devant la droite. À ne pas confondre avec le système croisé.

Cuadrado. Carré ou boîte. Parfois appelé baldosa, ou tuile. Une séquence de base en 6 temps composée de pas en avant, en arrière et de côté.

Enganche. Toute action d'accrochage de jambes. Semblable et souvent interchangeable avec gancho.

Enrosque. Vis. Un adorno dans lequel on pivote sur place en gardant les pieds croisés. Souvent fait par des guideurs de haut niveau pendant un giro.

Gancho. Crochet. Un mouvement dans lequel vous accrochez ou attrapez la jambe de votre partenaire avec la vôtre. Notez qu'il s'agit d'un «gancho» et non d'un «gaucho». Un gaucho est un cowboy argentin. 

Giro. Tour. Un partenaire, généralement le leader, tourne plus ou moins sur place pendant que la guidée fait une sequence appellée molinete autour de lui (ou d'elle). Voir aussi Molinete.

Guidée. Le partenaire dansant ce qui était traditionnellement le rôle de la femme. Aujourd'hui, nous trouvons des couples non traditionnels sur la plupart des pistes de danse, donc dans l'intérêt de l'inclusivité et du politiquement correct, ainsi que pour simplement refléter les réalités modernes, il y a eu un mouvement général pour cesser d'utiliser les termes «homme» et «femme» dans le contexte des rôles de danse de tango et d’utiliser des mots plus neutres comme «guideur» (ou «leader») et «guidée». Le problème est que ces mots limités sont des descriptions assez erronées de ce que sont les deux rôles. D’une part, les mots français ont un genre masculin et féminin alors qu’en anglais leader et follower n'en ont pas. D’autre part, ils donnent l'impression que la personne qui guide est le partenaire dominant et que celle qui suit est passive ou soumise. Les termes ne décrivent vraiment pas ce qui se passe réellement entre les deux partenaires. Le processus beaucoup plus complexe ressemble à ceci: le «leader» invite la «guidée» à exécuter un mouvement; la «guidée» exécute le mouvement qu'il ou elle a ressenti et le «leader» suit son partenaire à travers l'achèvement de ce mouvement, que ce soit ou non le mouvement qu'il ou elle a voulu, et tout le processus recommence. En plus, une guidée d'expérience peut influencer les choix de son guideur en ajoutant des adornos ou des interprétations musicales. Certains vont même jusqu'à dire que la «guidée» est en fait le vrai leader, car quelle que soit l’intention initiale du leader, il (ou elle) doit donner suite à l’interprétation et à l’exécution de son guide par son partenaire. Voir aussi Guideur.

Guideur ou Leader. Le partenaire dansant ce qui était traditionnellement le rôle de l’homme. Il y a eu un mouvement général pour cesser d'utiliser les termes «homme» et «femme» dans le contexte des rôles de danse de tango et d’utiliser des mots plus neutres comme «guideur» (ou «leader») et «guidée». Le problème, c’est que ces termes donnent l'impression qu'un rôle est plus dominant que l'autre et ils ne décrivent vraiment pas ce qui se passe réellement entre les deux partenaires, qui est beaucoup plus complexe et nuancé. C’est intéressant de noter que les termes «guideur» et «guidée» ne sont pas vraiment utilisés en espagnol. Lorsqu’on fait référence aux partenaires, souvent les professeurs hispanophones continuent à dire simplement «hombre» (homme) et «mujer» (femme), qui ne sont pas neutres sur le plan du genre, mais ont l'avantage de ne pas limiter les partenaires à un rôle actif et un rôle passif. Lorsqu'ils se réfèrent à l'action du leader, ils disent «marcar», ce qui signifie marquer ou indiquer, pas diriger. La femme ou guidée «acompaña» (accompagne) ou «se deja llevar» (se laisse guider), ce qui a une connotation moins passive et implique que c'est son choix. N'oublions pas qu'au début du 20ième siècle, quand il y avait beaucoup plus d'hommes que de femmes en Argentine, les hommes apprenaient le tango ensemble, pratiquant et maîtrisant les deux rôles avant d'avoir le privilège de danser avec une femme. Voir aussi Guidée.

Lápiz. Crayon. Des embellissements circulaires «dessinés» au plancher par un ou l’autre des partenaires.

Marca. Marque. Le guidage.

Milonga. Ce mot a un triple sens, donc il peut être mêlant pour les novices.
  1. Un des trois genres musicaux qui composent le tango argentin : tango, milonga et vals (valse). La milonga est jouée sur une mesure à 2/4. (Le tango peut être en 2/4 ou 4/4 et la valse est en 3/4.) La milonga est très rythmée, avec des temps fortement accentués, contient souvent un rythme "habanera" sous-jacent et est généralement plus rapide et plus joyeuse que la musique de tango. Elle a son propre style de danse pour l'accompagner, dans lequel les danseurs évitent de faire des longues pauses, restent la plupart du temps dans le système parallèle et utilisent souvent des pas à double temps, appelés traspié en milonga. La danse milonga utilise les mêmes éléments de base que le tango, avec un fort accent sur le rythme, et des figures qui ont tendance à être moins complexes que beaucoup de celles utilisées dans le tango. 
  2. Le nom donné à tout lieu dédié au tango argentin, normalement une école de danse où l'on tient également des activités dansantes comme des prácticas et des milongas.
  3. Le nom donné à un événement de danse social de tango argentin.
Alors vous vous habillez pour aller danser dans une milonga, où vous entendrez et danserez sur la milonga.
Cliquez pour regarder mon partenaire et moi danser une milonga à notre milonga.

Milonguero/Milonguera. Un danseur ou une danseuse qui fréquente les milongas (contrairement à un danseur de scène, par exemple). Généralement, on réserve la définition de milonguero/a pour les danseurs d'un certain niveau. Milonguero peut aussi faire référence à un vieux style de tango dans lequel le couple maintenait un abrazo tellement rapproché que la guidée ne pouvait pas vraiment tourner ses hanches, ce qui a donné naissance à des figures où des ochos pivotés sont remplacés par des pas croisés, comme le ocho cortado et le ocho milonguero.

Mirada. Regard. Jumelée au cabeceo, la mirada complète le système traditionnel et non-verbal pour la sélection des partenaires de danse dans la milonga. Voir aussi Cabeceo. Pour en savoir plus, lisez mon article sur les codes et l'étiquette de la milonga.

Molinete. Littéralement, cela signifie moulin, mais en danse, cela fait référence à la séquence qu'on appelle «grapevine». Fait de la série de pas avant-côté-arrière-côté (ou parfois avant-ensemble-arrière-ensemble), il est le plus souvent dansé en cercle par la guidée autour du leader pour faire un giro. Voir aussi Giro.

Ocho. Huit. Une combinaison de pivots avec des pas en avant ou en arrière qui, lorsqu'elles sont effectuées par paires, dessinent la forme d'un huit au sol. Il y a plusieurs sortes de ochos:
  • Ocho adelante. Huit en avant.
  • Ocho atrás. Huit en arrière.
  • Ocho cortado. Huit coupé. Le pivot en avant est interrompu pour produire un balancement de côté abrupt suivi d'un retour direct à la position croisée.
Parada. Arrêt. Le leader arrête l'action de la guidée plaçant simultanément son pied contre le sien. Souvent utilisé en combinaison avec le sandwich. Voir aussi Sandwich.

Pas de base. Voir Paso básico.

Paso básico. Pas de base. Alors que le véritable pas de base du tango argentin est généralement considérée comme la marche, cette structure en huit temps est utilisée comme séquence d'enseignement de base depuis des décennies. C'est une petite séquence remarquablement controversée. Encore utilisée par de nombreux instructeurs, elle est boudée par d'autres. Les partisans croient que c'est une séquence pédagogique utile qui contient des éléments essentiels, y compris les pas en avant, en arrière et de côté ainsi que la position croisée; les détracteurs disent qu'il est inutile d'enseigner un «pas de base» que les danseurs n'utiliseront pas comme tel dans la danse sociale réelle ou sur lequel ils deviendront dépendants, pouvant les empêcher d'apprendre à improviser comme il faut.

Práctica. Pratique. Un événement de danse tango moins formel qu'une milonga. Les codes de conduite et le suivi de la ronda sont généralement moins strictement appliqués pendant les prácticas, de sorte que les danseurs peuvent travailler sur leurs mouvements et leur technique, et parler en dansant est toléré. Il est généralement suggéré que les étudiants de tango fréquentent les prácticas pendant un certain temps avant de passer aux milongas. Lors d'une pratique, des enseignants peuvent ou non être présents et peuvent ou non diriger la pratique en suggérant ou en enseignant des exercices ou des figures.

Rebote. Rebond. Une action de balanceo où les danseurs reviennent en arrière, poussant contre le sol pour retourner à la position précédente.

Ronda. Littéralement, cela signifie un rond. Dans le tango, c'est ce que nous appelons habituellement la «ligne de danse» en français. La ronda du tango circule toujours dans le sens antihoraire autour de la piste de danse. On s'attend à ce que les couples suivent le flux général des danseurs devant eux, résistant à l'envie de couper devant les danseurs plus lents ou de rester à un endroit bloquant la circulation pendant que les autres continuent d'avancer. Sur les plus grandes pistes de danse, il peut y avoir plusieurs rondas à la fois, une sur le bord extérieur de la piste, généralement réservée aux danseurs plus expérimentés et disciplinés, et jusqu'à trois autres ronds plus petits à l'intérieur, comme des voies sur une piste de course. C'est mal vu de zigzaguer au hasard d'une voie à l'autre; les changements doivent être effectués en modération et avec prudence. Pour en savoir plus, lisez mon article sur les codes et l'étiquette de la milonga. Pour en savoir plus, lisez mon article sur les codes et l'étiquette de la milonga.

Sacada. Du verbe «sacar» qui veut dire enlever. Dans le tango, un partenaire entre directement dans l’espace de son partenaire, obligeant apparemment le partenaire à changer de place et provoquant parfois un embellissement de la part de l’autre personne en cas de contact avec la jambe libre.

Salida. Littéralement ça veut dire sortie, mais ça fait référence au pas d'ouverture d'une danse ou d'une séquence.

Sandwich. Aussi appelé sanguche, sanguchito ou mordida (morsure). Pendant une parada,
un partenaire prend le pied de l’autre entre les siens. Voir Parada.

Sistema cruzado. Système croisé. Fait référence à la relation de marche entre les deux partenaires. Lorsque le leader marche en ligne avec son partenaire, nous l'appelons «système parallèle», essentiellement juste le système de marche normal avec les partenaires marchant en même temps, mais sur des jambes opposées: la gauche du leader et la droite de la guidée ou vice-versa. Dans le système croisé, les deux partenaires marchent en fait avec la même jambe, gauche et gauche ou droite et droite. Au moins 50% des figures utilisent le système croisé. Les ochos, par exemple, se déroulent le plus souvent en système croisé. Voir aussi Sistema paralelo.

Sistema paralelo. Système parallèle. Lorsque le leader marche en ligne avec sa partenaire, nous l'appelons «système parallèle», essentiellement juste le système de marche normal avec les partenaires marchant en même temps, mais sur des jambes opposées: la gauche du leader et la droite de la guidée ou vice-versa. En système parallèle, chaque partenaire est l'image dans le miroir de l'autre. Voir aussi Sistema cruzado.

Tanda. Une série de chansons pour danser. Généralement, les tandas durent trois ou quatre chansons. (Elles étaient parfois aussi longues que cinq, mais c'est rare de nos jours.) Les chansons sont toutes d'un genre particulier (tango, milonga ou vals) et sont le plus souvent toutes du même orchestre de la même décennie (parfois la même année) et peut-être avec le même chanteur. Les tandas peuvent également être composées de chansons par différents orchestres avec un son et une sensation similaires. Dans une milonga, le format est généralement le suivant: deux tandas de tango, une de vals, deux de tango, une de milonga et ainsi de suite.

Tango. La musique et la danse d'accompagnement originaires du Río de la Plata, les villes portuaires de Buenos Aires et de Montevideo, en Uruguay, il y a plus d'un siècle. Voir aussi Tango argentin.

Tango argentin. Synonyme de tango, la musique et la danse d'accompagnement originaires du Río de la Plata il y a plus d'un siècle. Nous spécifions le tango argentin pour le différencier du tango dansé en danse sociale ou «ballroom», qui a été radicalement transformé en quelque chose de très stylisé et voyant ainsi que standardisé.

Tanguero/tanguera. Un danseur ou une danseuse de tango.

Vals. Un des trois genres musicaux qui composent le tango argentin : tango, milonga et vals (valse). La valse est jouée sur une mesure à 3/4. (La milonga est en 2/4, le tango peut être en 2/4 ou en 4/4.) Les danseurs utilisent les mêmes pas et la même technique dans les vals que dans le tango, mais ont tendance à sélectionner des figures qui coulent, basculent et tournent, tout en étant rapides et rythmées, afin d'exprimer à la fois le sentiment et la structure rythmique de la musique. Ils utilisent le premier temps de la mesure comme rythme de marche de base, ajoutant des pas accélérés ou des embellissements sur le deuxième et/ou le troisième temps comme ils veulent. Voir un vals dansé ici.

Volcada. Littéralement, cela signifie renversé. Dans le tango, c'est un mouvement hors axe dans lequel la guidée s'incline en avant, soutenu par le torse ou les bras du leader. Habituellement, la «chute» vers l'avant est accompagnée d'un adorno de sa jambe libre.

Voleo. Voir Boleo.

Révision de texte: François Camus

Tuesday, 20 October 2020

Vingt leçons de tango : 20ième leçon : Le meilleur travail du monde

Être DJ n'est qu'un des bonus inattendus de mon travail.

Traduit par François Camus
Lire la version originale en anglais ici.

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, que j’ai apprises en 20 ans de tango. Voici le dernier volet.

Leçon no. 20 : J'ai le meilleur travail que je puisse avoir.

Quand j'étais petite, je voulais être actrice, danseuse et écrivaine. Le chemin de ma vie n'a pas été en ligne droite, et ce que je pensais que ces choses signifieraient était assez différent de ce qu'elles se sont avérées être. Mais près d'un demi-siècle plus tard, je me rends compte que le travail que j'ai aujourd’hui inclut toutes ces choses et plus encore.

Dans mon école de tango, je porte les chapeaux de professeur de danse, de propriétaire de studio, d'organisatrice de milonga, de danseuse de spectacle, de productrice de spectacle, de DJ et, bien sûr, de blogueuse. Tout cela signifie que je travaille assez dur la plupart du temps, mais comme j'aime ce que je fais, souvent cela ne me semble pas vraiment être du travail.

Comme je l'ai mentionné dans un article récent, faire affaire dans le domaine du tango n'est pas toujours facile. Mais je me considère chanceuse de faire ce que je fais, car mes journées sont remplies de plein de choses :

Danser. Comme je l'ai dit, j'ai toujours voulu être danseuse. J'ai suivi mon premier cours de ballet à l’âge de 4 ans, et même si j'ai abandonné le rêve de devenir ballerine puis délaissé complètement le ballet à la fin de l'adolescence, je n'ai pas arrêté de danser depuis. Le fait que je puisse danser tous les jours me garde heureuse et en bonne santé, corps et âme.

Enseigner. J'ai grandi avec une peur intense de parler en public et, dans ma jeunesse, je n'ai jamais, jamais imaginé que je deviendrais enseignante. J'ai commencé à enseigner grâce à ma précédente carrière en journalisme. J'étais la principale formatrice de la salle de rédaction sur les nouvelles technologies au journal où je travaillais, et pendant des années, j'ai donné un cours universitaire sur la conception de journaux. Au début, tout cela était terrifiant pour moi, mais j'ai appris à aimer enseigner et les gens n'arrêtaient pas de me dire que j'étais bonne dans ce domaine. L'enseignement est à la fois stimulant et gratifiant et je peux vraiment dire que cela me passionne. Une fois que j'ai commencé à enseigner le tango, eh bien, je savais vraiment que j'étais sur une piste.

Connecter avec des gens. Au-delà de la danse elle-même, c'est ce qu'est le tango. J'aime les gens, toutes sortes de gens et le tango regorge de relations humaines variées, souvent intenses, fascinantes et satisfaisantes.

Construire une communauté. Mon partenaire et moi n'avons pas forcément planifié cet aspect lorsque nous avons lancé notre petite école de tango, mais nous avons réalisé assez tôt que nous n'enseignions pas seulement aux gens à danser, nous construisions une communauté et nous facilitions donc la création de toutes sortes de relations. J'adore voir des amitiés et des partenariats se former autour de moi et en partie, grâce à moi.

Organiser des fêtes. Pendant mon adolescence et ma vingtaine, j'adorais organiser des fêtes. C'était assez simple pour moi : fournir une table pleine de nourriture, beaucoup de musique de danse bruyante et inviter tout le monde à qui je pouvais penser. J'ai adoré planifier la nourriture, préparer la musique et la liste des invités. Donc je suppose qu'il est parfaitement logique que j'aime animer et être DJ de milongas chaque week-end.

Produire des spectacles et exécuter des numéros. Si j'avais commencé le tango et m'y étais plongée à temps plein à un plus jeune âge, j'en aurais probablement fait davantage sur ce plan. Malgré ma timidité, j'adore faire des prestations et l’expérience de produire des spectacles, avec la créativité et l'excitation des coulisses, est absolument exaltante.

Être DJ. C'est un autre bonus inattendu de mon travail. Du mixage de cassettes aux CD en passant par les listes de lecture iTunes, j'ai toujours aimé assembler de la musique, que ce soit pour les sessions d’entraînement, écouter dans la voiture et surtout, faire danser les gens lors d'une fête. Maintenant, je passe des heures à chercher de la musique de tango, traditionnelle ou alternative, et à assembler des tandas.

Travailler pour moi-même. Encore une fois, pas toujours facile, mais tellement satisfaisant. Il serait difficile pour moi de retourner travailler pour quelqu'un d'autre à ce stade. Ce n'est pas que j'aime tellement être le patron, je ne pense pas du tout que je suis très boss, mais j'aime bien être mon propre patron.

Travailler sur moi-même. J'ai toujours été active. Le tango m'aide à rester en forme et mobile, consciente de ma posture et de l'effet que tout ce que je fais a sur mes partenaires. Mais il faut plus que du tango pour se maintenir en forme pour la danse et pour la vie. En plus de ma vie en danse, je cours régulièrement depuis 25 ans. (J’essaie toujours d'abandonner parce qu’avec tout le tango que je fais, c'est trop dur pour mes pieds meurtris. Mais c'est difficile d'y renoncer car je ne me sens tout simplement pas la même quand je n’ai pas fait cet intense effort cardio.), l'un des dérivés les plus marquants de ma carrière de tango a été la découverte du yoga. Je m’y suis mise il y a quelques années pour essayer d'augmenter ma flexibilité. J'ai rapidement gagné non seulement de la flexibilité, mais aussi une amélioration de ma force et de mon équilibre, une toute nouvelle compréhension de la posture, de l'alignement et de mon propre corps, ainsi qu’une nouvelle compréhension de moi-même. Depuis, je me suis plongée de plus en plus dans le yoga, explorant les aspects qui vont au-delà des poses physiques et obtenant plus tôt cette année, mon certificat d'enseignement.

Bloguer. Comme je l'ai dit, j'ai toujours voulu être écrivaine. L'anglais a été ma matière la plus forte et ma préférée au secondaire. Mes études postsecondaires étaient toutes liées aux langues et à la littérature. J'ai étudié la traduction pendant un certain temps et travaillé comme réviseur pendant plusieurs années. Pendant ce temps, j'ai écrit, mais rien de régulier. Il y a trois ans, j'ai réalisé qu'avec toutes mes observations sur le tango et toute la réflexion analytique que j'en faisais, je devrais probablement commencer à en écrire une partie. J'ai donc franchi le pas et écrit mon premier article de blog, et maintenant j'ai en fait une suite! Ce blog m'oblige à écrire régulièrement et les gens lisent mes trucs. Cool!

Être propriétaire d'une petite entreprise n'est pas toujours facile. Et parce que le business du tango me tient à cœur, il peut être aussi bien difficile émotionnellement que financièrement. Mais les récompenses de faire ce que j'aime compensent le fait que je travaille de longues heures tardives et que je ne gagne pas beaucoup d'argent.

Quand j'envisageais de quitter ma carrière pour démarrer une école de tango, ma mère et mon conseiller financier m'ont dit de ne pas le faire. J'avais de jeunes enfants, des avantages sociaux, un régime de retraite et des dettes. Ouvrir une petite école de danse alors que je poussais 40 ans n'était pas un choix judicieux. Alors je l'ai fait. Je ne pouvais ignorer les larmes que j'avais versées et le douloureux vide que j'avais ressenti dans mon estomac à l’idée de ne pas saisir ce qui était probablement la dernière opportunité de poursuivre les rêves de toute ma vie. J'avais le soutien total de mon partenaire et des réserves d’argent pour tenter de réussir pendant une année, alors nous nous sommes tenus la main et nous avons sauté, emmenant notre jeune famille avec nous.

Dans quelques mois, notre école de tango fêtera ses 10 ans. Aussi difficile et exigeant que cela ait été par moment, je n'ai jamais regretté d’avoir fait le saut il y a dix ans, mais je sais avec une certitude absolue que si je ne l'avais pas fait, je le regretterais chaque jour.

Quand je prépare des tandas pour une milonga à venir, que je ris avec les étudiants lorsque je les aide à exécuter un mouvement difficile ou que je me mêle aux danseurs d'une milonga que j'anime, je n'en reviens toujours pas de la chance que j’ai de faire ce que je fais.

La leçon avec laquelle je vous laisse est la suivante : si vous avez une passion, suivez-la. Et ne laissez pas la peur vous retenir.

Article précédent : Leçon no 19. Le tango est un voyage de découverte de soi.
Lire la série depuis le début.


Monday, 12 October 2020

Vingt leçons de tango : 19ième leçon : Apprendre à se connaître

La piste de danse de tango est l'un 
des rares endroits où je peux 
vraiment lâcher prise.
Traduit par François Camus
Lire la version originale en anglais ici.

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, que j’ai apprises par l’intermédiaire de cette danse, dont plusieurs sur moi-même.

Leçon n ° 19. Le tango est un voyage de découverte de soi. Tout comme nous en apprenons beaucoup sur les autres grâce à leur façon de danser, nous pouvons aussi en apprendre beaucoup sur nous-mêmes.

Étudier la danse, c'est autant développer une conscience que développer des compétences spécifiques. Nous découvrons nos corps en travaillant avec eux et nous nous découvrons nous-mêmes.

La conscience corporelle est la capacité de comprendre comment nos corps bougent et où ils se trouvent dans l'espace. Des disciplines physiques telles que la danse requièrent et améliorent notre proprioception, qui est le sens qui nous permet de contrôler les parties de notre corps sans les regarder.

La conscience de soi, c'est avoir une perception claire de notre personnalité, y compris nos forces, nos faiblesses, nos pensées, nos croyances, nos motivations et nos émotions, puis d’en prendre le contrôle. Le tango peut également nous aider à développer cette compréhension.

Donc, pour progresser en tango, nous devons savoir non seulement quelles sont nos forces, faiblesses et tendances physiques, mais aussi nos forces psycho-émotionnelles: suis-je réceptif? Réactif? Défensif? Passif? Impatient? Est-il facile pour moi de m'affirmer? De lâcher prise?

Voici quelques-unes des choses que j'ai apprises ou confirmées sur moi-même au fil des ans, avec un peu d'aide du tango :
  • J'aime l'intensité. Je suis convaincue que c'est l'une des principales qualités qui m'attire dans le tango. Pas vraiment une personne du genre tiède, j'aime la nourriture riche, le café fort, le vin corsé, les films d'horreur, la musique forte, les douches chaudes et les entraînements exigeants. J'aime aussi les relations humaines intenses : je ne suis pas passionnée par les petites conversations, j'aime la conversation profonde, ou une tanda profondément connectée. Les danseurs de tango sont un groupe très éclectique et je me suis souvent demandée si l'un des fils communs qui nous lient ensemble est un désir de sensations ou de connexions intenses.
  • Le tango me permet de lâcher prise. C'est l'un des autres principaux intérêts de la danse pour moi. La paix de l’esprit ne me vient pas facilement. Je suis une personne occupée dont le cerveau occupé peut me tenir éveillée la nuit pendant des heures. Je m'inquiète et je stresse … jusqu'à ce que j'arrive sur la piste de danse, où la musique, le mouvement et le contact humain se combinent pour constituer ma grande évasion. Sur la piste, dans les bras d'un danseur, au rythme d'une belle musique, tout disparaît sauf l'ici et maintenant. Non seulement est-ce totalement agréable, mais c'est aussi, je crois, extrêmement thérapeutique.
  • Je vais avec le courant. J'ai toujours aimé les surprises et je suis tout à fait capable de prendre la situation qui m'est donnée et de courir avec. Je roule avec les coups, pour ainsi dire. Cela fait de moi une guidée naturelle, car je ne pense pas trop à ce qui se passe et je suis assez douée pour accepter ce qui vient, aussi inattendu que ce soit. Je pense que tout cela fait de moi un guideur patient, car je ne suis pas trop attachée au passé ou au plan pré-établit.
  • Je peux être un guideur patient, mais il m'a fallu du temps pour prendre confiance. Comme je l'ai mentionné dans mon article de blog sur l'affirmation de soi, il est important d'avoir des intentions claires, dans la vie et dans le tango. Sachez ce que vous voulez, dites ce que vous voulez, poursuivez ce que vous voulez. Aucune de ces compétences ne me vient naturellement, mais le tango et l'enseignement m'ont aidé à les développer. De plus, je suis allée chercher ce que je voulais quand mon partenaire et moi avons ouvert notre école, MonTango, il y a dix ans, et elle est depuis devenue l'un des principaux lieux de tango de la ville. Cela m'a appris que les rêves valent la peine d'être poursuivis.
  •  Je ne m'intègre pas toujours. Je pense que l'une des raisons pour lesquelles j'aime être l'hôte, le professeur, le DJ est que, si je ne suis qu'une participante, je me sens parfois un peu inadaptée. Et j'ai toujours ressenti cela : tout au long de mon parcours scolaire et dans ma carrière précédente, je n'ai jamais fait partie du groupe "in" ou de la clique cool. Je n'ai jamais su faire semblant d'être comme tout le monde, d’agir d'une certaine manière ou de dire les « bonnes » choses pour faire partie du « bon » groupe. Ne vous méprenez pas : j'avais des amis, un petit groupe d’amis très proches, et je m'entendais toujours avec la plupart des gens; bien qu’étant un peu à l’extérieur, je n'ai jamais été une paria. Parfois, je me demande si ce n'est pas un autre fil conducteur du tango, dans ce monde il y a tant de personnages étranges (et merveilleux) qu'il ressemble parfois à une réunion d'inadaptés. Mais là encore, il y a des cliques dans le tango. Je n'en fais tout simplement pas partie et ils ne prospèrent pas dans mes milongas. Je pense que ce que j'ai compris, c'est que dans le tango comme dans la vie, je préfère toujours l'inclusivité à l'exclusivité.
  • Mes limites existent pour être repoussées. Parfois, je pense que j'aimerais vivre une vie plus simple et plus calme. Mais chaque fois que je cherche quelque chose de simple, je finis par aller plus loin que prévu. Cela est évident dans mon parcours dans le tango : non contente de danser, j'ai commencé à enseigner; non contente d'enseigner, j'ai ouvert ma propre école; non contente d'enseigner et de diriger une école, je joue et produit aussi des spectacles, DJ, blog… Et, bien sûr, j'ai continué ma propre formation en danse, en mouvement et en enseignement, prenant des leçons privées chaque fois que possible, apprenant à guider et obtenant une certification d’instructeur de fitness et maintenant d’instructeur de yoga. Je ne sais pas quelle sera ma prochaine grande étape, mais je sais qu'une fois que je serai à l'aise où je suis, je n'y resterai pas longtemps.
  • Je ne croirai jamais que je suis suffisante. Je pense que le désir continu d'apprendre, d'avancer et de grandir est une bonne chose, mais dans mon cas, c'est aussi un signe que dans tout ce que je fais je n'ai jamais l'impression d'en faire assez ou que je suis assez bonne. Par exemple, je ne serai jamais la danseuse que je veux être. C'est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Cela signifie que je suis parfois très abattue, surtout après avoir regardé ma performance. Mais cela signifie aussi que je me pousse plus fort à chaque fois et donc, je peux l'admettre, je m'améliore.
  • J'adore enseigner. Je n'ai peut-être pas l'impression de devenir la danseuse que je m'efforce d'être, mais je sais que je suis un bon professeur, et c'est parce que je suis aussi passionnée par l'enseignement que par la danse. Je pense que je suis un professeur deux fois meilleure (ou plus) que je ne l'étais quand j'ai commencé, et j'ai l'intention de continuer ma croissance. Toutes les leçons que j'ai mentionnées ici, et plus encore, m'ont appris à mieux enseigner aux autres.
Alors, qu'avez-vous appris à travers le tango? Cela vous a-t-il aidé à grandir et à évoluer en tant que personne et en tant que danseur? Cela vous a-t-il ouvert les yeux sur quelque chose que vous ne saviez déjà sur vous-même?

Prochain article : Leçon n° 20. J'ai le meilleur travail du monde.
Article précédent : Leçon no 18. Le tango peut être dur pour les couples.

Wednesday, 26 August 2020

Vingt leçons de tango : 18ième partie : Le couple de tango

Apprendre le tango avec votre bien-aimé prendra 
de la patience, de l'humilité et un sens de l'humour.

En 2017 j'ai souligné mes 20 ans en tango en écrivant une série de 20 articles, ou leçons, que j’ai apprises à travers cette danse qui a déclenché le cliché « Il faut être deux pour danser le tango ».

Leçon no 18. Le tango peut être dur pour les couples. Quand on dit « tango », les gens évoquent des images de roses, de romance et de passion, et les cours de tango semblent être une bonne activité à entreprendre en couple. Donc, vous vous inscrivez à des cours et au lieu de la romance et de la passion attendues, vous trouvez de la maladresse, de la frustration, de la jalousie ou une attitude défensive. Si cela vous semble familier, vous n'êtes pas seul.

Au cours de nos années de tango ensemble, mon partenaire et moi avons vu à peu près tous les problèmes qui peuvent survenir dans un couple, et nous en avons vécu nous-mêmes, surtout au cours de nos premières années. Il existe de nombreux scénarios possibles, chacun présentant ses propres défis. Comprenez tout simplement ceci : Le tango ne cause pas de problèmes relationnels, mais il peut amplifier des problèmes existants.

Quelques amis et moi parlions de ce phénomène il y a quelque temps et nous avons trouvé ce slogan : « Si votre couple peut survivre au tango, votre couple peut survivre à tout! » Bien que je ne fasse pas de cette déclaration la nouvelle campagne de marketing de mon école, elle contient un important élément de vérité.

Voici quelques situations courantes, certaines difficultés qui en découlent et des solutions possibles pour que non seulement vous puissiez augmenter les chances que votre relation survive au tango, mais aussi que le tango survive à votre relation.

•Vous apprenez le tango ensemble.
Les débutants dansent habituellement avec d’autres débutants dans les cours de groupe, mais ce n'est jamais facile. Dans cette situation, certains problèmes relationnels peuvent être facilement amplifiés tels que l'impatience, la jalousie et une attitude défensive.
Pour apprendre le tango, comme pour apprendre quoi que ce soit, il faut être réceptif. Si vous êtes sur la défensive à chaque fois que l'enseignant vient à vous avec une correction ou que votre partenaire ne répond pas comme vous l'espériez, vous aurez tendance à bloquer votre propre capacité à apprendre tout en mettant la majeure partie ou la totalité du blâme sur votre partenaire.
Faites-y face, les deux membres du couple n'apprendront probablement pas exactement au même rythme. L'un ou l'autre des partenaires pourrait apprendre plus rapidement, et si ce partenaire est vous, vous devrez être plus patient avec votre partenaire. Si votre partenaire apprend plus vite, vous devrez être patient avec vous-même.
Nous avons tendance à être moins tolérants envers ceux avec qui nous nous sentons à l'aise, donc lorsque votre partenaire de tango est également votre partenaire de vie, vous pourriez vous laisser aller à le blâmer ouvertement pour tout faux pas plus facilement que vous ne le feriez avec un étranger. 
Les premières étapes de la courbe d'apprentissage sont souvent plus difficiles pour ceux qui guident, c'est pourquoi ils reçoivent le plus gros du blâme de la part des deux parties. Les guidées avec une touche de talent naturel peuvent assez rapidement sentir qu'elles dansent bien lorsqu’elles sont jumelées à un guideur expérimenté. Mais pour les guideurs, il y a beaucoup de choses auxquelles penser et à comprendre dès le début. Ainsi, les deux partenaires peuvent penser, un peu à tort, que la guidée apprend plus vite ou danse mieux que son partenaire. La réalité surgit plus tard pour les guidées, une fois qu'elles (ou ils) se rendent compte que leur rôle est bien plus que de simplement « suivre ». Tout cela est commun et normal. Essayez tout simplement de vous rappeler d'être patient et généreux envers votre partenaire car, quoi qu'il arrive, lui aussi est en train d’apprendre et il fait probablement de son mieux. Et de toute façon, il est improductif de passer beaucoup de temps à essayer de déterminer qui est à blâmer. Travaillez en équipe et, avec l'aide de vos professeurs, vous verrez que vous possédez tous les deux des solutions.

Ensuite, il y a l'insécurité de voir soudainement votre être cher dans les bras de quelqu'un d'autre. Les changements de partenaire sont un excellent outil et, à mon avis, nécessaire pour améliorer vos compétences en danse, mais ils peuvent rendre les novices extrêmement inconfortables. C'est normal. Dans nos cours, nous n'insistons pas que les gens changent de partenaire s'ils sont vraiment contre l'idée. Mais si vous restez à jamais réticent à danser avec quelqu'un d'autre ou à permettre à votre partenaire de le faire, je pense que ce n'est pas un bon signe pour votre avenir ensemble dans le tango.

N'oubliez pas qu'il ne s'agit que de tango (plus à ce sujet ci-dessous). Que les choses se passent bien ou mal avec un autre partenaire, vous rapporterez une part de ce que vous avez appris à votre partenariat régulier.

Apprendre le tango avec votre bien-aimé demandera de part et d’autre de la patience, de la compréhension, de l'humilité et, n'oublions pas, un sens de l'humour.

 

• L'un de vous danse déjà et initie l'autre au tango.
De même que lorsque des débutants guident des débutants il y a des difficultés, lorsque l'expérience est associée à l'inexpérience, toutes sortes de déséquilibres se présentent. Les problèmes qui surviennent fréquemment dans cette situation sont, encore une fois, l'impatience et la jalousie, ainsi que les complexes d'infériorité-supériorité.

 

Si vous avez moins d'expérience que votre partenaire : Ne mettez pas votre partenaire sur un piédestal. Je vois ceci tout le temps, et ça me rend un peu folle. Bien sûr, si votre partenaire danse depuis un an et que vous venez de commencer hier, il vous semblera être un grand danseur. Mais il en sera de même pour presque tout le monde. Et ce que vous devez savoir, c'est qu'une année n'est rien en tango. Votre partenaire a sûrement encore beaucoup de travail à faire au plan de la technique. Concentrez-vous donc à apprendre à votre rythme sans vous comparer à votre partenaire ni vous impatienter avec vous-même. Plus facile à dire qu'à faire, je sais, mais idolâtrer votre partenaire en tant que danseur ne vous mènera nulle part.
Ensuite, il y a ce monstre aux yeux verts appelé jalousie. Surtout si vous êtes nouveau au tango, il peut être déconcertant de voir l'amour de votre vie dans les bras de quelqu'un d'autre, et d'en avoir du plaisir. J'ai eu plus d'un étudiant venir me voir et dire qu'ils ne pouvaient tout simplement pas supporter de regarder leur bien-aimé avoir clairement le plaisir de sa vie dans les bras d'une autre personne. Cela peut prendre du temps pour devenir suffisamment imprégné du tango pour comprendre que pour la plupart des danseurs il ne s’agit que de la danse et rien de plus. L'intensité, la connexion et l'abandon ne quittent pas la piste de danse. Si quelqu'un cherche plus que de la danse, cela n'a rien à voir avec le tango, le tango est simplement la voie qu'il choisit pour le trouver. Si votre partenariat de vie est solide et que vous faites confiance à votre partenaire, le tango ne sera pas un problème. Si votre relation est fragile et que vous ne faites pas confiance à votre partenaire, le tango peut être un jeu dangereux à jouer, mais il n'est pas à blâmer.

 

Si vous avez plus d'expérience que votre partenaire : Ne soyez pas condescendant. Aucun partenariat n'est vraiment égal (bien que les meilleurs finissent par se rapprocher). Amplifier les inégalités en trouvant constamment des moyens de les signaler est contre-productif et ne servira qu'à mettre votre partenaire sur la défensive. Rappelez-vous que vous aussi, vous avez encore beaucoup à apprendre, vous êtes simplement à un endroit différent sur la courbe. En tant qu'enseignant, je vois la condescendance se manifester sous deux formes principales : les attitudes trop encourageantes et le comportement d’enseignant.
Trop encourageant? Oh oui. Être encourageant est, en principe, une bonne chose, mais il y a une ligne fine entre le super-soutien et la super-condescendance. Tapoter figurativement la tête de votre partenaire chaque fois qu'il accomplit la moindre chose est presque aussi fatiguant que de le critiquer chaque petite imperfection. Alors, félicitez-le lorsque vous avez une bonne danse ou que vous constatez une réelle amélioration, mais assurez-vous que le compliment est sincère et ne vient pas d'un endroit trop hautain.
Je l'ai déjà dit, et je le redis : Ne Pas, Corriger, Votre, Partenaire. Ce n'est pas parce que vous avez plus d'expérience que vous êtes un enseignant qualifié. Soyez donc le partenaire de danse compétent que vous savez être, mais laissez l'enseignement aux professeurs, laissez votre partenaire apprendre à son rythme et évitez la tentation de montrer constamment que vous en savez plus. Personne n'aime un je-sais-tout, les conseils non sollicités deviennent rapidement irritants et se mettre constamment au-dessus de votre humble partenaire ne fera probablement pas grand-chose pour le mettre à l'aise.
De plus, si vous êtes trop à l'aise dans votre position supérieure, faites attention : la supériorité relative de vos compétences de danse n’est probablement pas un état d'être permanent. Il y a de bonnes chances que dans un an ou deux, les compétences de votre partenaire aient rattrapé ou même dépassé les vôtres, surtout si lui ou elle continue à travailler dur pendant que vous restez dans votre zone de confort hautaine.

 

• Vous dansez déjà le tango tous les deux lorsque vous entamez votre relation.
Vous avez essentiellement deux choix ici : accepter de rendre votre danse exclusive ou accepter de continuer à danser avec d'autres personnes. Le mot clé dans les deux cas est « accepter ». Quoi que vous décidiez, vous devez tous les deux être d’accord, vous y tenir et accorder à votre partenaire les mêmes libertés que vous accordez.
Personnellement, j'aurais du mal à passer de l’habitude de danser avec différents partenaires et amis à celle de tous les éviter pour danser chaque tango avec le même partenaire, même si ce partenaire était la personne que j'aime. Ce choix ne fonctionnerait pas pour moi.
Cependant, peu importe depuis combien de temps vous dansez et à quel point vous savez tous les deux que le tango se limite à la danse, il y aura des moments où vous sentirez que votre partenaire a eu une tanda de trop avec une personne en particulier ou avait l'air un peu trop heureux dans les bras d’un certain quelqu'un d'autre. Je le sais parce que je l'ai vécu aussi. Dans notre cas, le tango est notre travail à temps plein, nous n'avions donc pas d'autre choix que d'apprendre tôt à surmonter les insécurités émotionnelles qui se présentaient. Et nous comprenons pleinement et apprécions les avantages que le changement de partenaire apporte à notre danse.
Les meilleures suggestions que je puisse faire pour trouver une solution mutuellement acceptable sont de garder les voies de communication ouvertes et, si nécessaire, d’établir des règles de base. Par exemple, je connais des couples qui gardent toujours la première ou la dernière tanda l'un pour l'autre. Cela leur donne quelque chose de spécial qui n'appartient qu'à eux, mais leur permet de continuer à explorer le plaisir des autres partenaires, d'élargir leurs compétences et de ramener de nouvelles expériences qui finiront probablement par nourrir leur relation.


• Vous dansez mais pas votre compagnon.
Vous savez aussi bien que moi que le tango n'est pas simplement une autre activité sociale. Mais là encore, ça l'est. Si vous allez continuer à danser et que votre partenaire ne le fait pas, votre partenaire doit accepter que vous ayez un intérêt et un passe-temps important qui ne l'implique pas. Mais cela serait vrai pour toute activité qui vous passionne et à laquelle vous consacrez beaucoup de temps, que ce soit pour s'entraîner au gymnase, chanter dans une chorale ou jouer au golf. Même si vous ne jouez pas au golf joue contre joue et poitrine contre poitrine avec vos collègues golfeurs.
Pour un novice, cela peut sembler une rationalisation, mais ce n'est pas le cas. Lorsque vous dansez avec quelqu'un, vous ne dansez pas vraiment avec la personne, vous dansez avec le danseur. Vous pouvez vous connecter intensément, profondément, passionnément avec un étranger, car la plupart des choses chez cette personne n'ont pas d'importance sur la piste de danse : quelle langue il parle, ce qu'il fait dans la vie, si elle a des enfants, ce qu'elle a de planifié pour demain. Ce qui compte, c'est la sensation de leur étreinte, leur lien avec la musique, leur capacité à exprimer, à écouter, à suivre. Ce qui compte dans l'ensemble, c’est tout simplement ce qui se passe au moment présent. Le tango est un moment partagé, ou plutôt 10 minutes partagées, et rien d'autre n'existe pendant ce moment, que vous dansiez avec votre partenaire de vie ou avec un inconnu. Ensuite, la tanda est terminée et vous passez à la connexion suivante. Ces relations ne sont pas sexuelles, mais à leur meilleur, elles sont assez intimes et profondes. Vous vous connectez avec quelque chose qui va au-delà de l'homme ou de la femme dans vos bras. C'est pourquoi beaucoup d'entre nous peuvent tirer autant de plaisir de danser avec l'un ou l'autre sexe, quelle que soit notre orientation sexuelle.
Bien sûr qu’il est possible de confondre ces choses et de les poursuivre, ou de vouloir les poursuivre au-delà de la piste de danse. Mais en général, cela n'arrive pas. Et si vous avez quelqu'un qui vous attend à la maison, c'est à vous de ne pas le laisser se produire. Si votre relation est solide et que vous la valorisez, vous devriez être en mesure de vivre pleinement à la fois votre passion pour le tango et celle pour votre être cher qui ne danse pas.


Quelle que soit votre situation avec votre partenaire dans le tango, vous le dansez pour vous amuser et pour ajouter quelque chose de positif à votre vie. Pour continuer à faire ces deux choses, rappelez-vous ceci :
• recherchez des solutions, pas des blâmes,
• riez des erreurs,
• il s’agit de quelque chose qui se passe sur la piste de danse, pas au-delà.

En fin de compte, les enjeux relationnels peuvent être ce qui vous fait décider que le tango n'est pas pour vous. Vous pourriez même blâmer le tango pour les problèmes apparemment nouveaux qui ont surgit dans votre relation. Ou vous pourriez finir par utiliser le tango pour résoudre certains de vos problèmes et votre relation en sera plus forte.

Comme toujours, j'aimerais recevoir vos commentaires sur ce sujet. Avez-vous vécu des défis similaires? Comment les avez-vous résolus?


Révision de texte: François Camus.

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